Coups de coeur

La Cathédrale Notre Dame d’Amiens

L’incontournable de la ville d’Amiens !
Les superlatifs sont nombreux pour décrire la cathédrale Notre Dame d’Amiens : la plus grande, la plus belle, vertigineuse, hors norme, monumentale, cathédrale de lumière… Ils sont tous mérités car elle est impressionnante dans bien des domaines.

Ce qui frappe d’abord, c’est sa taille. Pensez-donc ! C’est la plus vaste cathédrale gothique jamais construire avec ses 145 mètres de long, ses 42 mètres de hauteur (encore plus spectaculaire à l’intérieur) et ces 7700 m² de surface. Elle peut contenir deux fois Notre-Dame de Paris !

Ensuite, c’est l’impression d’harmonie qui s’en dégage, malgré les tours dissemblables. Érigée à partir de 1220 sur les cendres d’une église romane incendiée deux ans auparavant, Notre-Dame d’Amiens marque l’apogée de l’architecture gothique. Mélange des styles gothique classique (pour la nef), gothique rayonnant (pour le chœur) et gothique flamboyant (pour les rosaces, les parties hautes de la tour nord, le Beau Pilier, les stalles…), la cathédrale présente une unité de style remarquable, ce qui est assez rare dans les cathédrales médiévales.

Cela s’explique par le fait que la construction du gros œuvre de la cathédrale d’Amiens, de la pose de la première pierre à celle du labyrinthe, s’est déroulée sur seulement 68 ans. Seulement, peut-on dire, car un bon nombre de cathédrales ont été construites sur plus d’un siècle.

Ces bas-reliefs datent du 13ème siècle !

La cathédrale d’Amiens a été édifiée par trois maîtres d’œuvre successifs :
– Robert de Luzarches a dessiné le plan de l’édifice, élevé les côtés de la nef jusqu’aux voûtes ainsi que les porches de la façade occidentale.
– Thomas de Cormont a construit le déambulatoire et ses chapelles rayonnantes, puis les parties hautes de la nef.
– Son fils, Renaud de Cormont, a monté les structures du chœur et de l’abside et c’est lui qui a lancé à plus de 42 mètres les voûtes de la croisée et des parties orientales de l’édifice.

La croisée du transept

D’ailleurs, les bâtisseurs de la cathédrale sont mis à l’honneur dans le labyrinthe central, long de 234 mètres, exceptionnel par sa forme octogonale et sa pierre centrale : l’évêque Evrard de Fouilloy et les trois maîtres d’ouvrage du chantier.

La cathédrale d’Amiens a perdu la plupart de ses vitraux d’origine, mais elle reste réputée pour ses nombreuses sculptures du 13ᵉ siècle ornant la façade occidentale et le portail de la Vierge dorée sur la façade sud du transept, ainsi que les stalles (sièges en bois) chef-d’œuvre d’ébénisterie.

Le portail de la vierge

Comme toutes les cathédrales, Notre-Dame d’Amiens a connu des ajouts et des ajustements durant les siècles qui ont suivi son achèvement.
De 1290 à 1375, on construisit les chapelles latérales de la nef, non prévues au départ.
Les deux tours de la façade occidentale furent construite de 1365 à 1402.
En 1497, on renforça les arcs-boutants de la nef et le maître-maçon Pierre Tarisel fit cercler presque tout l’édifice d’un chaînage en « fer d’Espagne » pour éviter les risques d’effondrement (dont la cathédrale de Beauvais avait été victime en 1284).

On peut considérer que la cathédrale d’Amiens a eu un quatrième maître d’œuvre, et pas des moindres. Entre 1849 et 1874, Eugène Viollet-le-Duc procéda à une restauration de l’édifice qui incarnait pour lui l’église gothique par excellence. Désireux de restituer l’atmosphère d’un Moyen Âge romantique, il agit avec la cathédrale comme il le fit avec Notre-Dame de Paris, la Sainte Chapelle ou le château de Pierrefonds : il incorpora des éléments que le monument n’avait jamais possédé.
Il modifia notamment la galerie des Rois, sous la rosace, puis recréa entièrement la galerie “des sonneurs” reliant les deux tours, au-dessus de la rosace.

L’intérieur de la cathédrale d’Amiens

Si l’on peut passer des heures à admirer les statues et les bas reliefs à l’extérieur de la cathédrale, on peut passer une journée complète à visiter l’intérieur.
J’ai rarement vu un édifice religieux qui proposait autant d’œuvres et de bel ouvrage à contempler. Il y en a d’ailleurs tellement qu’on ne sait plus où donner de la tête !
Je ne vais donc pas tous vous les présenter, mais proposer plutôt mes coups de cœur.

Ce qui impressionne le plus est évidement la hauteur de la nef et l’on peut passer de longues minutes le nez en l’air, à observer les croisées, la rosace et les immenses colonnes.

Le monument funéraire du chanoine Bury

Le grand orgue de la cathédrale d’Amiens, dont la création remonte à 1422, est l’un des plus anciens et des plus hauts de France. Il a été modifié et amélioré à plusieurs reprises entre 1549 et 1936.

La cathédrale ayant traversé les siècles, les styles se sont succédé depuis le 13ᵉ jusqu’au 19ᵉ siècle. On retrouve notamment du baroque, grandiose et exubérant… même si Judith tenant la tête coupée d’Holopherne a un côté flippant ! (il y a d’ailleurs pas mal de représentations de têtes coupées à l’intérieur et à l’extérieur de la cathédrale d’Amiens. Brrr…)

Au début du 16ᵉ siècle, une superbe et imposante clôture en pierre fut sculptée afin d’entourer et d’isoler le chœur de la cathédrale. Elle présentait une série de scènes sculptées et colorées expliquant notamment la vie des saints. Achevée vers 1530, elle fut en grande partie détruite durant les travaux du 18ᵉ siècle. Il en reste malgré tout deux portions situées dans la partie occidentale du chœur.

De l’autre côté, dans le transept sud, a été sculptée dans quatre niches en pierre la légende de Jacques-le-Majeur. De même style que celles du croisillon nord, elle montre toutefois une évolution vers la Renaissance.

La superbe chapelle axiale, appelée chapelle “Notre Dame Drapière”, la plus grande et la plus longue, ressemble par son architecture à la Sainte-Chapelle de Paris. Elle a été restaurée au 19ᵉ siècle par Viollet-le-Duc. L’autel en pierre et les peintures murales datent d’ailleurs de 1862, tout comme la statue de la Vierge à l’Enfant en cuivre doré.

Les peintures murales de la chapelle du Sacré Cœur datent quant à elles de 1866. L’autel en bronze doré, réalisé sur un dessin de Viollet-le-Duc, fut exposé lors de l’Exposition Universelle de 1867.

Durant la Première Guerre Mondiale, les soldats du Commonwealth envoyèrent beaucoup de cartes postales figurant “l’ange pleureur” de la cathédrale d’Amiens, une œuvre de 1636, la plus connue du sculpteur amiénois Nicolas Blasset.

Vous trouverez également plusieurs stèles commémoratives en hommage aux soldats canadiens, australiens, anglais, irlandais et américains morts dans la Somme durant la guerre 1914-1918.
(En grande partie recouverte de milliers de sacs de terre, l’extérieur de la cathédrale d’Amiens ne souffrit quasiment pas durant ce conflit, alors que des bombes frappèrent le triforium, la toiture au-dessus du chœur et la façade sud).

Classée Monument historique en France depuis 1862, la cathédrale d’Amiens est inscrite depuis 1981 au patrimoine mondial de l’UNESCO.

La montée des tours de la cathédrale d’Amiens

Si vous êtes capable de monter les 307 marches, ne ratez pas la montée des tours de la cathédrale. En haut, le spectacle offert, une fois arrivé, ne vous fera pas regretter cet effort.

L’ascension débute dans la tour sud où, pour reprendre son souffle et admirer la vue à 30 mètres de hauteur, on s’arrête sur une terrasse située sur la façade principale de l’édifice.

On est alors dos à la rosace, et sa taille est impressionnante !

Après cette pause, l’ascension se poursuit dans la tour nord jusqu’à atteindre le sommet, en extérieur, à 66 mètres de hauteur.
La vue y est alors panoramique sur la cathédrale et sur la ville d’Amiens.

Détruite par la foudre en 1528, la flèche originelle du monument a été remplacée par celle que l’on admire toujours, l’une des plus anciennes flèches en bois et plomb de France, et culmine à près de 113 mètres de hauteur, faisant de la cathédrale l’édifice le plus haut d’Amiens.

En redescendant, cherchez les noms gravés dans la pierre : certains l’ont été par les sculpteurs qui ont restauré la cathédrale au 19ᵉ siècle.

Le Spectacle CHROMA
Chaque été, durant ce magnifique spectacle nocturne, la façade occidentale est illuminée de mille couleurs, telle qu’elle devait apparaître de jour au Moyen Âge.
Ne ratez surtout pas ces 50 minutes totalement magiques si vous allez à Amiens entre juin et septembre, ou pendant le marché de Noël.

Photo issue du site de l’Office du Tourisme d’Amiens

Autour de la cathédrale

N’hésitez pas à flâner autour de la cathédrale d’Amiens, sur la place Notre Dame, pour admirer une maison en pierre blanche de style renaissance, ou la “maison du pèlerin” de style médiéval, ou à vous asseoir dans le parc de l’Évêché, situé à l’arrière de la cathédrale.

La maison du pèlerin

Depuis le jardin de l’Évêché, on aperçoit aussi la célèbre tour Perret.

INFORMATIONS PRATIQUES

Adresse : 30 Place Notre-Dame 80000 Amiens

Horaires : La cathédrale d’Amiens est ouverte toute l’année. Il est possible de visiter les tours et le trésor librement ou avec un guide.

Réserver une visite guidée : sur le site de la cathédrale ou sur celui de l’Office du Tourisme

Tarif : La visite libre de la cathédrale est gratuite.
Billet jumelé tour et trésor : 8€.
Salle du trésor seule : 4€.
Gratuit pour les moins de 18 ans, jusque 25 ans si résident européens, personne handicapée et son accompagnateur, demandeur d’emploi.
L’accès aux tours est interdit aux enfants de moins de six ans.

Contact : 03 22 80 03 41 et 03 22 92 03 32

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