Coups de coeur

Le château de Compiègne

chambre de l'empereur du château de compiègne

Qu’on l’appelle Château ou Palais de Compiègne, cet édifice est d’une grande élégance. Vu de l’extérieur, il n’a rien de particulièrement impressionnant, si ce n’est sa taille. Comparé à Chambord, Versailles ou Pierrefonds, le château de Compiègne est classique, simple, presque rigoureux. Mais il a été habité par Napoléon Ier et, surtout, Napoléon III, qui y a organisé des fêtes somptueuses et l’a magnifiquement meublé. Une fois à l’intérieur, chaque pièce vous émerveille par ses décors et son mobilier somptueux.

L’histoire du château de Compiègne

Bâti par Louis XV et Louis XVI, le château de Compiègne a été réaménagé sous Napoléon Ier puis Napoléon III. Vous y trouverez partout des symboles de pouvoir royal et impérial.

L'entrée principale du château de Compiègne

En réalité, dès Clovis, au 5ème siècle, plusieurs édifices royaux se sont succédé à Compiègne, lieu de réunion des évêques et des seigneurs, mais aussi lieu de sacre de rois.
Un nouveau château a été construit vers 1374 pour le roi Charles V qui voulait une forteresse non loin de Paris, donnant sur l’immense forêt de Compiègne. Ce petit bâtiment médiéval, agrandi au fil du temps, a donné naissance au palais actuel sous l’impulsion de Louis XV qui a ordonné sa reconstruction à partir de 1736. À sa suite, Louis XVI a commandé des travaux d’agrandissement et d’importants aménagements intérieurs.
Le château a, comme beaucoup d’autres, été endommagé durant la Révolution Française et Napoléon Ier a ordonné de remettre Compiègne en état. De 1808 à 1810, de nouveaux décors muraux et un superbe mobilier ont été mis en place.

Mais les locataires les plus mémorables de Compiègne ont été, sans conteste, Napoléon III et son épouse Eugénie. À partir de 1856, ils y ont organisé les célèbres “séries”, des fêtes qui s’étalaient sur 4 à 6 semaines en automne, en présence de souverains ou princes étrangers, diplomates, écrivains, artistes et scientifiques, où tout le monde allait chasser, se promener dans la forêt, assister à des concerts ou des pièces de théâtre. Pour accueillir tout ce beau monde, les pièces ont de nouveaux été aménagées et du nouveau mobilier a été introduit.

les napoleons
Napoléon Ier, Napoléon III et Eugénie

La visite du château de Compiègne

Une fois l’immense portail principal passé, on entre par l’impressionnante cour d’honneur. J’imagine les carrosses qui devaient défiler lors des réceptions mondaines…

la grande cour centrale du château de Compiègne

Le château de Compiègne est finalement plus original qu’il n’y paraît. L’architecte a pris en compte la disposition du terrain et des remparts de l’ancien château médiéval, créant un palais triangulaire.

Plan du château de Compiègne

Commençons la visite par les “appartements historiques”.

l'escalier d'Apollon du château de Compiègne

La vaste Galerie des Colonnes servait avant tout de hall d’accueil. Et quel accueil ! Vide lors de sa création, elle a été ornée de plusieurs sculptures “à l’antique” ou “exotique” sous le Premier Empire.

la galerie des colonnes au château de Compiègne

La rampe en fer forgé de l’escalier d’honneur date du 18e siècle. C’était au départ l’escalier du roi (Louis XV et Louis XVI) et il est décoré de motifs représentant les symboles monarchiques : le sceptre, la main de justice, les branches de laurier et les feuilles de chêne.

les soleil royaux

Le plafond de l’escalier a été surélevé durant le Premier Empire et redécoré entre 1808 et 1810, entre autre avec le “N” de Napoléon.

le plafond de l'escalier d'honneur du château de Compiègne

L’escalier d’honneur débouche sur la grande salle des Gardes et son décor militaire. L’architecte y a célébré le triomphe des armées de la monarchie française et le sculpteur a créé des bas-reliefs inspirés des exploits d’Alexandre le Grand.

la salle des gardes du château de Compiègne

L’Antichambre du roi et de la reine était une pièce commune aux appartements des souverains : de part et d’autre de la cheminée, la porte de gauche permettait d’accéder à la chambre du roi et, celle de droite, à celle de la souveraine. Au-dessus de cheminée, le Portrait de Louis XVI en costume de sacre a été mis en place en 1967.
J’ai été impressionnée par le vrai parquet qui craque ! 😉 Il est magnifique, on peut en voir chaque détail et imaginer les mains habiles des artisans qui ont découpé chaque morceau de bois, les ont cloués, les ont vernis…

l'antichambre du roi au château de Compiègne

Antichambre des Nobles sous Louis XVI, puis salon des Grands Officiers sous Napoléon Ier, cette longue pièce est devenue le Salon des cartes sous Napoléon III. Durant les “Séries”, elle servait de lieu de conversation et de divertissement (jeu de palet, piano mécanique, billard…).

le salon des cartes au château de Compiègne

Le Salon de famille est au centre du palais. De la fenêtre centrale, on aperçoit la grande allée surnommée “allée des Beaux-Monts”, créée par Napoléon Ier pour l’Impératrice Marie-Louise.
D’immenses miroirs reflètent le très joli mobilier fleuri typique du Second Empire, dans un état remarquable de conservation.
Au premier plan de la photo figure un “indiscret” en tissu jaune, un meuble où 3 fauteuils sont accolés afin que 3 personnes puisse discuter sans avoir à tourner la tête.

le salon de famille du château de Compiègne

La chambre de l’Empereur surprend par sa couleur dominante, un “rouge cramoisi” qui fait plutôt penser à du rose fuchsia.
Elle a été la chambre à coucher des empereurs Napoléon Ier et Napoléon III. Les symboles de l’Empire y sont donc omniprésents : aigle impérial au-dessus du lit, abeilles sur le mobilier, feuilles de chêne et d’olivier sur les portes.

la chambre de l'Empereur au château de Compiègne

Si la bibliothèque a été aménagée sous le Premier Empire, les livres sont un don du tsar Nicolas II lors de sa visite en France en 1901 (ceux de Napoléon Ier ont malheureusement brûlé). Il y a notamment les mémoires de Casanova… D’ailleurs, une porte dissimulée par de faux livres permet d’accéder à la chambre de l’Impératrice. 😉

la bibliothèque de l'Empereur au château de Compiègne

À 17 heures, lors des Séries de Compiègne, l’impératrice Eugénie conviait ses invités dans le Salon de thé. Elle était fascinée par la reine Marie-Antoinette, au point qu’elle fit venir dans cette pièce le mobilier des appartements de la reine défunte. La pièce est également décorée de tapisseries représentant des scènes du Moyen-Orient ainsi que de 4 superbes armoires laquées dans un style asiatique.

le salon de thé du château de Compiègne

La chambre de l’Impératrice est représentée sous son aspect Premier Empire tel que le voulut Joséphine de Beauharnais, épouse de Napoléon Ier. La chambre n’ayant pas été terminée lorsque leur divorce fut prononcé, c’est finalement l’impératrice Marie-Louise, seconde épouse de Napoléon, qui y séjourna ! 

la chambre de l'impératrice du château de Compiègne

Le Salon des dames d’honneur a lui-aussi été voulu par l’impératrice Joséphine. D’ailleurs, des cornes d’abondance en forme de J sont représentés sur le mobilier. Chacun devait s’asseoir en respectant la hiérarchie : le canapé était réservé à l’empereur et à l’impératrice et les sièges avec accoudoirs aux proches.

le salon des dames d'honneur du château de Compiègne

Le Salon des Fleurs doit son nom aux très jolis panneaux peints visibles sur ses murs. Durant le Second Empire, c’était la chambre à coucher du fils de Napoléon III et Eugénie, Louis Napoléon Bonaparte.

le salon des fleurs du château de Compiègne

La Salle à manger de l’Impératrice a été aménagée sous le Premier Empire. Le plafond à caissons sculptés représente l’art de la table et l’art musical.

Assiettes de la salle à manger du château de Compiègne
le plafond de ma salle à manger du château de Compiègne

Louis XV venait à Compiègne principalement pour chasser dans la forêt. Il adorait cette activité au point que tout le décor intérieur de sa chambre, dans le château, était voué à la chasse ! Les larges tapisseries « des Chasses du Roi », tissées aux Gobelins à partir de 1735, ont survécu jusqu’à nos jours.

les tapisseries des chasses du roi au château de Compiègne
Louis XV à la chasse

Louis-Philippe, dernier roi des Français, et son épouse Amélie de Bourbon séjournèrent au château de Compiègne, notamment pour y organiser le mariage de leur fille aînée avec Léopold 1er, roi des Belges, en 1832. Ils ont laissé deux grands portraits particulièrement souriant (LOL) dans la “galerie des cerfs” aménagée en 1851.

la galerie des cerfs au château de Compiègne

L’impressionnante Salle de bal a été construite pour l’arrivée de l’impératrice Marie-Louise d’Autriche, seconde épouse de Napoléon Ier. Le plafond est orné de peintures glorifiant les victoires militaires de son époux… 

la grande salle de bal du château de Compiègne

Le “musée du Second Empire”

L’autre aile du château de Compiègne accueille un musée du Second Empire créé à la suite des nombreux séjours qu’y ont effectués Napoléon III et son épouse, et du très beau mobilier qu’ils y ont laissé.

portraits de Napoléon III et Eugénie au château de Compiègne

Le musée du Second Empire présente également de nombreuses peintures de grands noms de l’époque, notamment Winterhalter (portraitiste attitré du gotha européen), Dubufe (l’un des portraitistes les plus célèbres du Second Empire) et Cabanel (l’un des grands peintres académiques du 19ème siècle).

Tableau du château de Compiègne
portrait et bureau de Napoléon III

Tableaux, sculptures, mobilier et objets d’art, tout ici est luxueux et raffiné. Et parfois un peu kitch !

L’Impératrice Eugénie entourée de ses dames d’honneur est un célèbre tableau peint par Franz Xaver Winterhalter en 1855.

l'impératrice Eugénie entourée de ses dames d'honneur

L’impressionnante vitrine qui conclue cette aile renferme quelques chefs-d’œuvre d’artisanat fastueux. Certains proviennent du château, d’autres des résidences impériales détruites de Saint-Cloud et des Tuileries.

vitrine d'art au château de Compiègne

La pièce qui m’a le plus impressionnée est ce superbe miroir en ébène et ivoire sculpté.

miroir sculpté dans l'ébène et l'ivoire au musée du Second Empire

Détail du miroir : l’artiste a sculpté une toile d’araignée dans l’ivoire ! Il a poussé le détail jusqu’à ajouter une araignée et un insecte pris au piège.

pistolets de duel au musée du Second Empire


En contrepoint, le musée de l’Impératrice révèle la vie intime des souverains. Il était fermé – pour travaux – lorsque j’ai visité le château de Compiègne et seules quelques objets étaient visibles. On pouvait voir notamment les vêtements qui ont été portés par le prince Louis-Napoléon lorsqu’il était enfant. Eugénie a gardé ces pièces d’autant plus précieusement que son fils est décédé à 23 ans, en Afrique du Sud.

vêtements Louis Napoléon Bonaparte au musée de l'Impératrice

Le musée présente plusieurs œuvres du sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux (né à Valenciennes), qui fut convié aux « séries » de Compiègne. Ici, un modèle en plâtre de son chef-d’œuvre, “Ugolino et ses fils”.

sculpture de Carpeaux au château de Compiègne

Le Château de Compiègne abrite aussi un Musée national de la Voiture et du Tourisme qui rassemble des véhicules à traction animale et des automobiles anciennes, des origines à la première guerre mondiale.

Les parcs et jardins du château de Compiègne

On ne peut pas visiter le château de Compiègne sans admirer son parc et ses jardins : 21 hectares de jardins, le Petit Parc et le Grand Parc d’une superficie de 700 hectares. L’ensemble est traversé par les 4,5 km de la célèbre “allée des Beaux-Monts”.

le parc du château de Compiègne
parterre fleuri du parc du château de Compiègne

À partir de 1810, l’architecte Berthault aménagea les espaces extérieurs du château. Napoléon III voulait “lier, le plus tôt possible, le palais avec la forêt, qui est le véritable jardin et qui constitue tout l’agrément de cette résidence“.

la façade du château de Compiègne vers le parc

Vous croiserez lors de votre promenade une terrasse en terre-plein, des allées “régulières et irrégulières” et un Jardin des roses (créé en 1820). Ont également été créés un kiosque, un pavillon de jardin, une maison rustique, une orangerie, une serre tempérée et une glacière (le réfrigérateur de l’époque).
Les espèces présentées dans le Jardin des Roses offre aux visiteurs une grande variété de roses anciennes : roses de Damas, centifolia, gallica et noisettiana.

Les deux premières sculptures du parc furent installées en 1811 sous la direction de Berthault, mais c’est seulement en 1859 que la décoration sculptée fut enfin achevée.

sculpture d'Ulysse dans le parc du château de Compiègne
sculpture à l'antique dans le parc du château de Compiègne

La longue tonnelle (plus d’un kilomètre) est couverte de plantes grimpantes et de fleurs. Elle permettait à l’impératrice (Marie-Louise, puis Eugénie) de marcher du château à la forêt, et vice-versa, sans s’exposer au soleil. À l’époque il fallait garder la peau blanche, le “bronzage” étant réservé aux paysans…

la tonnelle du parc du château de Compiègne

Le château de Compiègne vaut réellement le détour. Il y a nettement moins de touristes qu’à Versailles, Chambord ou Fontainebleau. Dommage car il mériterait d’être plus visité… mais tant mieux pour vous si vous y allez, vous pourrez déambuler dans les pièces sans être bousculé(e) 😉
Prévoyez une journée complète pour tout découvrir.


Des bus gratuits circulent du lundi au samedi et desservent le château (ligne 1, 2 et 4).
Le Château est situé à 10 minutes à pied de la Gare.
Un parking
gratuit est situé en face de l’entrée du château.

INFORMATIONS PRATIQUES

Adresse : place du général De Gaulle 60200 Compiègne


Tarif : 7,50€ – Tarif réduit : 5,50€ – Moins de 26 ans, PMR et le premier dimanche du mois : Gratuit.
Accès libre et gratuit pour tous au parc.

Horaires : Le château est ouvert tous les jours (sauf le mardi et les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre).
Appartements de l’Empereur et de l’Impératrice : de 10h à 18h
Musée du Second Empire : de 10h à 12h les mercredis, jeudis, samedis et dimanches
Musée national de la voiture : de 14h à 18h les mercredis, jeudis, samedis et dimanches
Les parcs et jardins : de 8h à 18h

Renseignement : chateaudecompiegne.fr

A voir aussi dans le coin :
– Le sublime château de Pierrefonds, restauré à la demande de Napoléon III, n’est situé qu’à 15mn en voiture de Compiègne.
– La forêt de Compiègne, bien sûr.
– Le musée Antoine Vivenel (art et histoire), le musée de la Figurine ancienne et le musée du cloître Saint Corneille de Compiègne.

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