Coups de coeur

Le musée du 5 juin 1944 à Tourcoing

Musée du 5 juin 1944 – Message Verlaine. C’est le nom exact de ce musée, situé au cœur de Tourcoing, le long du “Grand Boulevard”. Message Verlaine car c’est dans ce bunker que les opérateurs radio allemands captèrent le fameux message “Les sanglots longs des violons de l’automne” qui annonçait le débarquement prévu le lendemain !
Suivez-moi pour une visite dans le temps et l’Histoire au sein de ce musée pas comme les autres.

Il passerait presque inaperçu lorsque l’on roule sur la grande avenue de la Marne à Tourcoing. N’avancez pas trop vite. Profitez-en pour admirer les belles villas anciennes qui bordent la route, jusqu’à une grande porte en acier beige, surmontée d’un large panneau “Musée du 5 juin 1944”. Derrière, une grande bâtisse recouverte de briques vous attend pour vous faire découvrir l’un des endroits les plus surprenants de la région.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, c’est dans ce grand bunker souterrain que se trouvait le Quartier Général de la 15ème armée allemande (affectée à la surveillance des côtes allant des Pays-Bas à la Normandie, zone propice à un débarquement allié).

L'entrée du musée du 5 juin 1944 à Tourcoing

L’histoire du bunker

Fin 1942, l’État-Major s’étaient installé dans la partie sud de la ville de Tourcoing, où résidaient les grands patrons de l’industrie textile régionale, propriétaires de spacieuses maisons de maître. Une quinzaine de bunkers apparurent, dont le grand bunker de commandement. Recouvert de briques, il passait inaperçu dans le quartier. Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle il ne fut jamais bombardé. Les alliés connaissaient l’existence de ce centre d’écoute, mais il fut épargné afin que l’armée allemande continue d’entendre de faux messages sur un prétendu débarquement dans le Pas-de-Calais.

l'équipement radio ultra moderne du musée du 5 juin 1944 à Tourcoing
L’équipement radio, ultra-moderne pour l’époque

C’est d’ailleurs ici, dans le centre d’écoute radio du bunker de Tourcoing, que fut capté le fameux “message Verlaine” (du poème “Chanson d’automne”) qui annonçait le débarquement du 6 juin 1944. Il y eut d’abord le message d’alerte : “Les sanglots longs des violons de l’automne…”, puis, le lendemain, le message annonçant à la Résistance qu’il fallait passer à l’action : “Blessent mon cœur d’une langueur monotone“.

Les vers de Verlaine reconnus par les radios allemands

Lorsque le centre d’écoute capta le second message, le Q.G. de la 15ème Armée comprit que le débarquement aurait lieu dans les 48 heures. Heureusement, Hitler était persuadé qu’il était prévu dans le Pas-de-Calais plutôt qu’en Normandie… et les principaux généraux allemands n’étaient pas à leur poste.

le bureau du général dans l'ancien bunker devenu musée du 5 juin 1944 à Tourcoing
Reconstitution du bureau / chambre du général

Le centre d’écoute captait un grand nombre de messages codés envoyés par les réseaux de résistance français, belges ou hollandais. Notamment les fameux “L’oncle Georges a de longues moustaches” ou “Les souris grises dansent la polka” de Radio Londres… Ces messages étaient décodés dans le bureau des interprètes, jouxtant la salle radio.

Le bunker fut abandonné fin août 1944 par l’état-major allemand et après-guerre, oublié de l’administration, il ne fut pas détruit mais utilisé comme entrepôt de matériel d’une troupe de Scouts de France. Dans les années 70, le site devint même un terrain vague. 
Restauré par l’association “Message Verlaine”, le bunker est devenu depuis 1991 un musée singulier où l’on déambule au son de discussions en allemand, comme si les soldats étaient encore présents dans les couloirs.

La visite du Musée du 5 juin 1944

En pénétrant dans l’énorme bunker de béton armé aux murs de 2 mètres d’épaisseur, vous découvrez une quinzaine de salles reconstituées comme à l’époque : locaux techniques (ventilation et électricité), cuisine, sanitaires, bureau du général, centrale téléphonique, station d’écoute, etc.
Les soldats ne logeaient pas à l’année dans le bunker, mais profitaient malgré tout d’un certain confort.

le couloir principal du musée du 5 juin 1944 à Tourcoing

Le bunker / musée présente également le dur quotidien des civils de l’agglomération lilloise durant la guerre (rationnement, réquisitions ou défense passive), et explique la guerre des ondes, les résistants locaux, le débarquement du 6 juin 1944, le Mur de l’Atlantique…

Français du commando Kieffer, soldat Américain de la 4ème division et Para britannique de la 6ème Airborne, le jour du débarquement
équipement de soldat américain du débarquement dans le musée du 5 juin 1944 à Tourcoing
scène reconstituant le travail de l'organisation Todt sur la côte

Une salle est presque entièrement dédiée aux actions des résistants locaux, FFI des différents groupes de la “région nord”, et au sort (souvent malheureux) qui leur a été réservé.

Carte d'identité et brassards FFI de membre de la résistance dans le musée du 5 juin 1944 à Tourcoing
photos de résistants arrêtés et fusillés dans le musée du 5 juin 1944 à Tourcoing

Les tickets de rationnement, les savons solides pour la lessive, les pièces de monnaies en métal de piètre qualité, les grosses pinces à linge en bois… On revit toute une époque !

savon, pièces et objets de tous les jours dans le musée du 5 juin 1944 à Tourcoing
les tickets de rationnement

Dans les dernières pièces, on découvre que le bunker pouvait fonctionner en toute autonomie grâce à un générateur, et une maquette permet de mieux se figurer les dimensions de l’édifice.

Le bunker musée du 5 juin 1944 à Tourcoing
Maquette représentant ce qu'était le bunker avant de devenir le musée du 5 juin 1944 à Tourcoing

À découvrir également dans le bunker : une exposition de photos inédites sur Tourcoing et Lille qui furent prises par des soldats allemands travaillant au sein du Q.G. de Tourcoing.

Les Allemands localisaient les émetteurs clandestins implantés en ville grâce à des véhicules équipés de systèmes radio mobiles. Les membres du service de renseignements et la Gestapo disposaient de matériel miniaturisé, afin de traquer la Résistance qui, elle-aussi, émettait des messages via les ondes.

scène représentant des résistants dans une habitation au musée du 5 juin 1944 à Tourcoing
émetteur récepteur radio au musée du 5 juin 1944 à Tourcoing
équipement radio au musée du 5 juin 1944 à Tourcoing

Quelques surprenantes photos présentent d’ailleurs les membres de la Gestapo locale (dont les locaux étaient situés à La Madeleine) qui traquaient les résistants.

gestapo de la madeleine
porte de sortie du bunker musée du 5 juin 1944 à Tourcoing
extérieur du musée du 5 juin 1944 à Tourcoing, le bunker couvert de briquettes
Dans la voiture, un équipement mobile qui permettait de repérer les émetteurs radio privés

Vous pouvez vous garer gratuitement dans la rue ou venir en transport en commun.
Par le tramway, descendez à l’arrêt « Pont Hydraulique » qui se trouve à 300m du musée.
En métro, descendez à l’arrêt « Carliers », qui se trouve à 900m.

INFORMATIONS PRATIQUES

Adresse :
4 bis avenue de la Marne 59200 Tourcoing

Horaires :
Le Musée est ouvert les premier et troisième dimanches de chaque mois de 9h à 18h. Les bénévoles de l’association sont présents pour vous présenter les lieux.


Tarifs : 5€, 10 à 15 ans : 3 €, gratuit pour les moins de 10 ans.

Renseignements : le site du musée


Et puisque vous êtes dans le coin :
Le long de l’avenue de la Marne, vous pouvez admirer les grandes et belles villas du 19ème et du début du 20ème siècle.
À 2mn, vous pouvez également vous promener sur les quais le long du canal de Tourcoing. À pied ou à vélo, sur le quai du Halot, le quai de Bordeaux ou le quai de Marseille, la balade est très agréable.

Quai du Halot non loin du musée du 5 juin 1944 à Tourcoing
promenade quai du Halot à Tourcoing

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