Week-ends

Un week-end à Frévent, surprenante pépite du Ternois

Sans doute n’avez-vous jamais entendu parler de la petite ville de Frévent ? Et pourtant, elle possède des merveilles méconnues : un ancien moulin devenu passionnant musée de la vie agricole et industrielle, une belle église néo-gothique et l’élégant château de Cercamps restauré par des passionnés. Pour finir la balade en beauté, vous pouvez faire un tour jusqu’aux magnifiques jardins de Séricourt…

Situé dans le Pas-de-Calais, au sud de Saint-Pol-sur-Ternoise, la commune rurale de Frévent est nichée le long de la Canche. Elle vous accueille dans la très jolie région des 7 vallées du Ternois, située entre l’Arrageois et la Côte d’Opale.
Frévent appartenait aux Comtes de Saint-Pol et la prestigieuse abbaye de Cercamp, fondée en 1137, accueillit François 1er en 1537, puis les ambassadeurs des rois de France, d’Espagne et d’Angleterre en 1558. Au 19e siècle, le baron de Fourment fit de Frévent une ville industrielle, en faisant construire des filatures de laine et de lin, et en accueillant une usine de matériel agricole. Enfin, le général Foch installa au château de Cercamp son quartier général lors de la bataille d’Artois en 1915.

Le Moulin-musée Wintenberger à Frévent

Le Moulin à eau “Saint-Vaast”, construit au 12siècle, dresse son imposante stature au bord du “ruisseau des Ayres”, au cœur d’un parc public verdoyant. Brûlé, partiellement détruit et malmené durant des siècles, le moulin a toujours été reconstruit.
Aujourd’hui, il abrite un musée unique en son genre qui retrace l’histoire rurale, agricole et industrielle du Ternois.

Matériels agricoles, outils de la ferme et du moulin, photos, plans, maquettes… : le musée fait vivre et revivre ce passé industrieux en évoquant la mémoire de générations d’ouvriers et de paysans du Ternois.

Le Musée Wintenberger retrace l’histoire de l’agriculture et la course à la mécanisation de 1850 à 1950 et en révèle les multiples facettes. Ainsi, il présente les constructeurs de machines agricoles installés à Frévent durant plus d’un siècle, jusqu’en 1957 : les établissements Wintenberger.

Mécanicien fondeur originaire de Colmar, en Alsace, Bernard Wintenberger, a implanté une petite fonderie à Frévent en 1837. À partir du début du 20e siècle, les deux frères Fernand et Paul Wintenberger ont géré l’entreprise familiale, lui permettant de se développer comme jamais.

Lors de la visite guidée, vous découvrez les dessins de ces machines avant d’admirer certaines d’entre elles “en vrai” : de la piétineuse en bois manuel d’Hector à l’impressionnante moissonneuse-batteuse automatisée de son petit fils André. On mesure les progrès réalisés !

Les établissements Wintenberger ont obtenus de nombreux de prix internationaux pour leurs conceptions et leurs réalisations dans le domaine du matériel agricole.

Le moulin-musée de Frévent vous fait également revivre l’agriculture au temps du cheval : une très importante collection d’outils et de matériels agricoles est répartie dans les salles et la cour intérieure. Vous pouvez, lors d’animations, revivre les travaux agricoles d’antan : le battage, la mouture du blé, le tressage des longes et des cordes…

Le musée présente toutes les facettes du monde agricole, et n’oublie pas la cidrerie, ni la laiterie…

Le visiteur peut également admirer ce qui reste du vieux moulin âgé de neuf siècles : les meules à grains en pierre et le rouet en bois. Le moulin, situé à la confluence de la Canche et du ruisseau des Ayres, a été fondé par Adam, Chevalier de Frévent, puis a appartenu au Comte de Saint Pol.
Depuis l’époque des croisades jusqu’aux années 1950, les hommes sont venus ici moudre le blé, fouler le drap ou broyer les écorces de chêne.

Les meules ont été remplacées en 1886, puis le moulin a été entièrement modernisé et mécanisé entre 1911 et 1921. Il a été vendu à la commune en 1953, qui l’a transformé en musée en 1994.

Au rez-de-chaussée, un mini-musée présente les résultats de fouilles menées par des locaux dans le jardin public. Elles ont permis de mettre à jour les vestiges de l’ancien château fort de Frévent, construit par les comptes de Saint-Pol entre le 12e et le 13e siècle.

Niché au bord de la Canche, à quelques minutes à pied du centre-ville de Frévent, au sein du joli jardin public, le moulin-musée un endroit captivant.

INFORMATIONS PRATIQUE
Adresse :
26 rue du Maréchal Leclerc / 1 place du château. L’entrée se fait par l’intérieur du jardin public.
Horaires : du mardi au samedi de 13h30 à 17h30. En juillet et août, le musée est également ouvert les dimanches de 13h30 à 17h30.
Tarifs : Adulte : 5 €. Enfant : 2 € (jusqu’à 14 ans). Groupe (15 personnes) : 3,50 €. La visite est guidée.

L’église Saint Hilaire de Frévent

L’existence de la première église Saint Hilaire était attestée dans une charte en 1112, mais elle fut détruite au cours des guerres avec les Pays-Bas espagnols au 16e siècle, puis incendiée au 17e siècle. Reconstruite au 18e, profondément remaniée au 19e dans un style néo-gothique, elle a été consolidée au 20e siècle. Elle a vu toutes les époques !

On ne remarque pas vraiment son style gothique, car l’œil est attiré par son “clocher porche” massif, peu décoré, qui fait plutôt penser aux églises fortifiées de Thiérache.

L’église Saint Hilaire conserve quelques remarquables œuvres d’art dont “La Sainte Famille” du 16e siècle.

Les confessionnaux sont typiques du style néo-gothique du 19e siècle, avec des rosaces ouvragées et des statues de saints.

Durant les travaux du 19e siècle, un grand poêle a été ajouté pour réchauffer les fidèles. Il est encore en place, mais je ne sais pas s’il fonctionne toujours.

Un étonnant “Christ Flagellé” est fixé contre le mur Est.

Les stalles (qui ont été installées contre les chapelles, de chaque côté du chœur) sont ornées d’animaux et de formes humaines sculptées.

Les chapiteaux des colonnes de grès et les clés de voûte sont ornés de motifs d’inspiration médiévale.

INFORMATIONS PRATIQUE
Adresse :
Au croisement de la rue Font Delattre et du Chemin des pierres 62270 Frévent
Horaires : ouverte le samedi et le dimanche de 10h à 17h.
Tarifs : gratuit

Le château de Cercamps

Situé sur la rive gauche de la Canche, le château de Cercamps et son pavillon d’entrée sont les vestiges d’une abbaye cistercienne qui a été fondée en 1137 par le puissant Hugues II de Campdavaine, comte de Saint-Pol, qui participa à la première croisade. Au fil des siècles, l’abbaye a changé de visage : ravagée (notamment par les Anglais pendant la campagne d’Azincourt en 1415 ou par les Pays-Bas espagnols au 17e siècle), reconstruite, modifiée et agrandie.

Le château abbatial construit à partir de 1741, situé dans un immense parc, comporte un seul corps de bâtiment sobre, mais imposant. Tout le reste à disparu. L’abbaye, comme beaucoup d’autres, a été vendue et détruite durant la Révolution.

En 1823, le baron François-Luglien de Fourment a entrepris d’énormes travaux pour redonner vie au bâtiment. Convaincu de l’avenir de l’industrie textile naissante, il a installé une grande filature de laine sur les ruines de l’ancien couvent des moines, mais elle a été détruite par un incendie en 1871. Mais en 1875, Auguste de Fourment, fils du précédent et maire de Frévent, a créé un haras et a décidé d’embellir le domaine pour en faire un véritable château.

Dans chaque pièce, un document explicatif vous permet de vous situer, vous donne la fonction de la pièce, et vous explique son histoire et ses particularités. On vous indique également les éléments les plus intéressants à ne pas manquer.

L’étage comporte 5 chambres joliment décorées et meublées.

En 1915, le général Foch a installé son état-major au château de Cercamps pour diriger la bataille de l’Artois pendant l’été. Il y a reçu le roi britannique George V, le ministre Français de la Guerre, ainsi que les généraux Joffre et French.

Légué à l’Assistance publique de la Seine dès 1916, le domaine a accueilli des enfants jusqu’en 1975. Il a été vendu à son actuel propriétaire, Serge Dufour, en 2012. L’intérieur du château avait été totalement modifié pour accueillir les enfants (plafonds baissés, pièces cloisonnées, parquets recouverts, etc.) et il a fallu commencer des travaux pour lui rendre son visage original.

Le château de Cercamp fait l’objet d’un immense programme de restauration et de rénovation étendu sur de nombreuses années. Durant cette période, il reste cependant ouvert au public.

On peut à présent y admirer les magnifiques boiseries rocaille de l’ébéniste Pfaff (qui travailla aussi à l’abbaye de Valloires), ainsi que le majestueux escalier de marbre blanc Second Empire, commandé par le Baron de Fourment.

À l’arrière, sur l’un des murs du château, cherchez le mémorial de Ian François de Widebien, décédé en 1632. Il était “Escuier d’Ignaucourt” (un hameau situé 10 km plus à l’est). Cette pierre provient de l’ancienne abbaye de Cercamp.

En 2015, la totalité du domaine du château de Cercamps a été classé monument historique.

Visite guidée uniquement le samedi et le dimanche à 15h (sur réservation).

INFORMATIONS PRATIQUE

Adresse :
Rue du Général de Gaulle / Avenue de Cercamp


Horaires : de juin à septembre, du jeudi au dimanche de 10h30 – 12h30 et 14h – 18h.


Tarifs : adulte : 7€, Jeune de 10 à 18 ans, étudiant et demandeur d’emploi : 5€, moins de 10 ans : gratuit. Visite guidée : 10€.

Les cimetières militaires de Frévent

Durant la Première Guerre Mondiale, Frévent n’était pas située sur le front, mais n’en était pas très éloigné. La ville connut un afflux constant d’évacués, de blessés, de soldats et de prisonniers. Plusieurs hôpitaux militaires y furent installés, dont une majorité d’hôpitaux britanniques. On y rassemblait tous les blessés venus du front dans des postes d’évacuation sanitaire afin de faciliter leur évacuation. Aussi des soldats de différentes nationalités et de régiments divers sont-ils enterrés dans le cimetière militaire.

Il existe en réalité deux cimetières militaires britanniques côté à côte : the Saint Hilaire Cimetery (contenant 120 tombes de soldats) et The Saint Hilaire Cimetery Extension (contenant 304 tombes de soldats)… depuis lesquels on a une jolie vue sur la vallée du Ternois.

Plusieurs tombes britanniques présentent des inscriptions en français. Peut-être un simple clin d’œil au pays pour lesquels ils ont donné leur vie, peut-être certains étaient-ils d’origine française.

Et certaines inscriptions sont bien moins “guerrières” que celles que l’on trouve sur les tombes des soldats décédés au début de la guerre.
Ici : “Il a fait sa part, et il l’a bien fait. Mais ce qu’il a souffert, je ne peux le dire”.

“L’un de cette noble armée de martyrs, aimé tendrement par tous ceux qui le connaissaient”

Entre les deux cimetières militaires britanniques s’étend un cimetière français qui accueille des soldats de tout le pays décédés dans les hôpitaux militaires.

Guillaume Conan était un Breton de 32 ans. Il est décédé de ses blessures en juin 1915 dans l’hôpital d’évacuation n°36.
Henri Bancal venait de l’Aveyron. Blessé par un éclat d’obus, il est décédé en février 1915 dans une ambulance anglaise.

Le cimetière Saint-Hilaire accueille des tombes de soldats Sud-africains, Indiens, Néo-zélandais, Irlandais, Canadiens, Australiens, ainsi que douze tombes de soldats de la Seconde Guerre mondiale (mai – juin 1940).

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse :
à l’Est de la ville de Frévent, sur la route D54
Horaires : 24h/24 et 7j/7

Les jardins de Séricourt

A 5 minutes au nord de Frévent s’étendent les jardins de Séricourt.

Les superbes jardins de Séricourt abritent un éden verdoyant multipliant les ambiances. Classés parmi les Jardins Remarquables, ils offrent une oasis de sérénité et de beauté où les odeurs et les couleurs vous enchantent. Laissez-vous emporter dans une balade mémorable entre harmonie et élégance.

Les Jardins de Séricourt sont classés “Jardin remarquable” par le ministère de la culture, ont été élus “premier jardin de France” au Top des Parcs 2005 et “Plus beau jardin de l’année 2012” par l’association des journalistes des jardins et de l’horticulture.

En savoir plus sur les très beaux jardins de Séricourt.

INFORMATIONS PRATIQUES

Adresse : 2 rue du Bois, 62270 Séricourt


Horaires : De mai à octobre, de 10h à 19h. Dimanche et jours fériés, de 15h à 19h. Fermé le lundi. En septembre et octobre, fermé du lundi au mercredi.


Tarifs : adulte : 9,50€ / étudiants, personnes en situation de handicap et 16-18 ans : 7,50€ / de 6 à 16 ans : 4,50€ / moins de 6 ans : gratuit. Pass Famille (2 adultes et 2 enfants) : 25,00 €

La jolie petite ville de Frévent possède un splendide patrimoine issu d’une histoire est aussi riche que mouvementée.

J’espère que cet article vous aura donné des idées sur les choses à faire, quoi voir et quoi visiter à Frévent pour une journée ou un week-end.

Puisque vous êtes dans le coin : faites un détour jusqu’à l’ancienne commanderie de Bois-Saint-Jean.

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6 commentaires

  1. Bidault a dit :

    Merci pour cette magnifique visite de Frevent Son château a été pendant de nombreuses années mon lieu de vacances . De l’adolescence à plus de 30 ans J’en garde des souvenirs merveilleux

    1. Merci beaucoup ! 😊 et heureuse d’avoir pu vous remémorer de bons souvenirs.

  2. Jean-Pierre MANIERE a dit :

    Bravo pour ces articles passionnants,on souhaite le meilleur au propriétaire du chateau pour la suite !

    1. Merci beaucoup 🙂 Oui, M. Dufour et les membres de l’association des Amis du château sont des passionnés et ils ont bien du courage !

  3. Le Cerf Françoise a dit :

    Très intéressant, bien documenté, ça fait envie 👍 un hébergement dans le coin ?

    1. Merci Françoise 🙂 En ce qui me concerne, j’avais loué un logement sur AirBnB assez loin de Frévent. Mais il existe des hôtels à Saint-Pol-sur-Ternoise, ainsi que des gites et des campings dans les villes voisines (Saint-Pol-sur-Ternoise, Auxi-le-Château, Conchy-sur-Canche, Fillièvres, Bouret-sur-Canche, Ligny-sur-Canche…). Le mieux serait de vous rapprocher de l’office du tourisme de Frévent : tourisme@villedefrevent.fr

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