Week-ends

Une journée à Cassel, dans les hauteurs des Flandres

Cassel n’a pas été élu Village préféré des Français en 2018 par hasard ! Paisiblement posé tout en haut des monts de Flandre, Cassel possède un charme intemporel, avec ses ruelles pavées et ses maisons typiques. À son point culminant, il vous offre un splendide panorama sur la campagne flamande jusque Dunkerque et même les collines de l’Artois par temps clair. Et sa riche histoire lui a concédé un patrimoine d’exception…

Le gros bourg de Cassel, avec ses 2300 habitants, possède une surprenante richesse patrimoniale : musée de Flandres, moulin, mémorial, collège de jésuites… Et les deux géants de Cassel, Reuze-Papa (6, 25 m) et Reuze-Maman (5, 85 m), ont été classés au patrimoine mondial de l’Unesco en 2005.

L’histoire de Cassel

Cassel a été choisi par les Romains pour sa position stratégique : un mont isolé au milieu de la plaine. Ils y ont construit un “castrum”. Durant des centaines d’années, cette position stratégique avantageuse lui a toutefois valu d’être attaqué, envahi, saccagé… mais toujours reconstruit.

Au Moyen Age, Cassel était un centre économique de première importance. Le village, qui veillait sur tout un territoire et appartenait au comté de Flandre, a même possédé un imposant château et des fortifications… qui ont été détruits à la demande de Louis XIV lorsque ce dernier s’est emparé de la Flandre et d’une grande partie du nord de la France en 1677.

L’hôtel Mac Mahon, plus vielle maison de Cassel (1631), témoigne de l’architecture traditionnelle des Flandres.

Durant la Première Guerre mondiale, Cassel était situé non loin du front. Le maréchal Foch a choisi le village (toujours la position stratégique) pour en faire son quartier général. Pour autant, Cassel a échappé aux bombardements… ce qui n’a pas été le cas durant le second conflit mondial. Après la guerre, la ville a été reconstruite presque à l’identique (excepté l’hôtel de ville) et a gardé son cachet inimitable.

Puisque l’on passe la journée à Cassel, il faudra bien manger…

Lors d’un passage à Cassel, impossible de ne pas honorer la gastronomie flamande ! Cassel propose aux gourmands quelques grands classiques, comme la carbonnade flamande ou le potjevleesch, et des curiosités locales, à l’image du Cœur casselois (tarte sucré-salée à base de pomme et de hachis de porc) ou la crème brûlée à la chicorée. Où les déguster ? Dans un estaminet, bien entendu !

https://www.hautetfort-hautsdefrance.com/cassel-village-prefere-des-francais/

De nombreux restaurants vous accueillent à Cassel et, sincèrement, ils sont tous de bonne (voir très bonne) qualité. J’avoue avoir un faible pour “la Taverne Flamande” (sur la Grand’ Place), mais selon vos goûts et votre appetit, vous trouverez toujours votre bonheur pour déguster un plat local et boire une bière brassée aux alentours. Cassel propose des estaminets typiques des Flandres, avec terrasse ou vue panoramique, des restaurants du style brasserie, une pizzeria et deux restaurants étoilés au guide Michelin !

Découvrir Cassel à pied

Le meilleur moyen de découvrir Cassel est d’en faire le tour à pied, de se perdre dans ses ruelles pour admirer toutes ses richesses. Vous croiserez à chaque coin de rue le blason d’or au lion noir de l’ancien comté de Flandre, symbole de la fierté et de l’attachement des habitants à leurs racines.

Sur la Grand’Place, l’hôtel d’Halluin, un ancien bâtiment du 18e siècle, avec son garage Citroën sur la gauche

Vous pouvez suivre l’itinéraire proposé par france-voyage qui est sensiblement le même que la randonnée “Cassel par rues et ruelles” du comité départemental du tourisme. L’office de tourisme propose également un plan gratuit de la ville et un parcours touristique.

La balade commence, comme il se doit, sur la Grand’ Place, devant le musée départemental de Flandre. On passe devant le bel office du Tourisme (n’hésitez pas à y entrer, accueil très sympathique) et l’hôtel Lengle, qui fut la résidence des prévôts et chanoines de la collégiale Saint Pierre (remarquez la vierge au-dessus de la porte).

On aperçoit la jolie porte d’Aire avant de longer le batiment “néo renaissance flamande” d’une banque, pour monter l’escalier situé à l’angle de la rue Alexis Bafcop et de la rue du Château. 

Cet escalier est en réalité “la rampe alpine”, une étonnante allée en faux bois et fausse rocaille, mais en véritable béton, créée de toute pièce à la fin du 19e siècle.

En haut de cette rampe, on parvient sur l’esplanade ou “terrasse” du Château. S’il ne reste du château (ancienne résidence du Général Vandamme) que des ruines à peine visibles, l’espalanade vous invite à découvrir les vestiges de l’ancienne collégiale Saint Pierre, le “Monument des Trois Batailles” et un très joli panorama.

Jusqu’à ce qu’elle soit ravagée et détruite durant la Révolution, la collégiale Saint Pierre s’élevait sur cette espanalade. Elle avait été fondée par le compte Robert 1er entre 1070 et 1080, en reconnaissance de la victoire qu’il avait remportée non loin de Cassel. Depuis 2007, et le ré-aménagement de la terrasse du château, l’entrée de la crypte est visible derrière une vitre.

Le “monument des Trois Batailles”, inauguré en 1873, rappelle l’occupation celte des Morins et des Ménapiens, l’occupation romaine de Castellum Menaporium, mais il commémore surtout la victoire de Robert 1er de Flandre en 1070, celle de Phillipe de Valois en 1328, ainsi que la Bataille de la Peene où Phillipe d’Orléans (frère de Louis XIV) écrasa la coalition anti-française de Guillaume d’Orange en 1677.

La table d’orientation nous permet de situer le littoral, les plaines de l’Audomarrois, les monts de Flandre. La vue sur les paysages flamands est exceptionnelle, à 80 kilomètres à la ronde !

On continue la promenade en montant encore un peu vers le point culminant du village, le Kasteel Meulen, un moulin en bois sur pivot construit au 18e siècle.
Derrière le moulin se dresse la fière statue du maréchal Foch sur son cheval (inaugurée en 1928). Le célèbre militaire, chef des armées, avait installé son quartier général à Cassel entre 1914 et 1915.

le Kasteel Meulen et la statue du maréchal Foch

Faites le tour du moulin, vous profiterez d’un second panorama avec son autre table d’orientation. Vous apercevrez également le T’Kasteel Hof, l’estaminet le plus célèbre (et le plus typique) de Cassel, qui surplombe la plaine de Flandre.

Suivez ensuite “l’allée du jardin public”, un petit sentier situé devant la statue de Foch et qui descend dans la végétation. Vous arrivez dans la rue de Bergues où se situe, à l’angle de la rue Profonde, la chapelle octogonale “de Horne”, édifiée en 1732.

Vous pouvez soit continuer sur la rue Profonde puis tourner à droite sur la route de Dunkerque ou continuer sur la rue de Bergues. Le premier itinéraire vous permettra de passer sous la porte de Dunkerque, mais d’un côté comme de l’autre, vous parviendrez jusqu’à la collégiale Notre-Dame (voir plus bas).

Passez à gauche de la collégiale et remontez la rue jusqu’à la chapelle des Jésuites. Avec sa façade en briques et pierres inspirée de la Flandre belge, elle a été construites entre 1620 et 1687. Après la révolution française, le bâtiment a été vendu au Général Vandamme, général d’empire casselois, pour devenir un lieu de stockage du fourrage pour les animaux.

la chapelle des jésuites

Tournez à droite sur le rue Notre-Dame et passez par la petite ruelle qui vous mène jusqu’à la rue du Maréchal Foch.

A gauche, remontez la rue du Maréchal Foch jusqu’à ce qu’elle tourne et que vous recontriez le café “Au Lion noir”. A sa droite, la porte d’Ypres est très discrète, on dirait plutôt l’entrée d’un garage.

Passez dessous pour rejoindre le chemin Bosquillon puis le chemin des Remparts. Il longe l’arrière des maisons donnant sur la rue du Maréchal Foch et la Grand’ Place, et donne sur de jolis jardins.

Des panneaux explicatifs sont disséminés le long de ce chemin. Ils vous expliquent l’histoire et les spécificités de Cassel.

le sentier des remparts

Des remparts anciens, il ne reste rien, mais la balade permet malgré tout de se faire une idée de ce à quoi le village a dû ressembler. Les fortifications ont été détruites au 17e siècle, mais les anciennes “portes” qui permettaient d’accéder à la ville sont encore bien visibles dans le village : au sud, la Porte d’Ypres ; proche de la collégiale Notre-Dame, la Porte de Dunkerque ; à droite de la Grand’Place, la Porte d’Aire ; au nord, près de l’esplanade, la Porte du Château.

la balade des remparts à Cassel

Pour revenir sur la Grand Place, vous pourrez remonter la rue d’Aire et passer sous sa porte, ou continuer encore un peu jusqu’à la place Vandamme et revenir par la rue Saint-Nicolas, le passage du Château et la rue Constant Moeneclaey.

l'arrière de la porte d'Aire

Si vous ne voulez pas faire le “grand tour” en passant derrière la statue du Maréchal Foch, vous pouvez redescendre par la Porte du Château , dont une des pierres conserve, avec les armes de la châtellenie, la date de réfection (1621).

Il existe aussi de très jolies balades à faire depuis ou autour de Cassel, dans la campagne environnante, telles le Circuit des Recollets, Au coeur de la Flandre, la Standaert Straete – Mont des Récollets depuis Cassel, la Cassel et Oxelaëre depuis Sainte-Marie-Cappel, etc. A l’Office du tourisme, vous pouvez d’ailleurs vous procurer une carte de randonnées sur “Le Pays de Cassel” fonctionnant avec le système des points noeuds.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse :
la promenade commence sur la Grand’ Place de Cassel
Tarif : gratuit

Le musée de Flandre

Le formidable musée de Flandre est installé dans un magnifique bâtiment, l’ancien Hôtel de la Noble Cour, classé Monument Historique depuis 1910. Si la façade est de style Renaissance (16e siècle), l’arrière possède une architecture typiquement flamande, avec un pignon « à pas de moineaux », ainsi qu’une cour pavée de pierre bleue et un joli jardin fleuri en terrasses.

La façade s’inspire à la fois de l’Italie et de la Flandre, avec une superbe porte ornementée légèrement décentrée sur la gauche. Cette porte est encadrée de deux colonnes qui supportent un entablement orné à ses extrémités de deux têtes de lions et en son centre de motifs végétaux peuplés de sirènes et d’angelots.

la porte du musée de Flandre à Cassel

En vous approchant, vous remarquez aussi, sur les fenêtres du rez-de-chaussée, d’amusant visages sculptés tantôt humains, tantôt monstrueux (des “mascarons”).

L’Hôtel de la Noble Cour abritait la châtellenie (à la fois bâtiment administratif, centre des impôts et cour de justice locale) fondée au 11e siècle. Au 18e siècle, on l’utilisa aussi pour stocker les archives de la ville, mais la châtellenie disparut avec la Révolution.

Et de nos jours, le bâtiment accueille de riches (600 pièces) collections, très hétéroclites, qui présentent toute la diversité de la culture flamande (peintures, sculptures, gravures, objets…) avec quelques grands noms tels Jérome Bosch, Van Dyck et Rembrandt.

Vous découvrirez des œuvres exceptionnelles de grands maîtres Flamands, mais aussi des créations contemporaines d’artistes internationaux et des objets insolites.

le musée de Flandre à Cassel

Des panneaux explicatifs ont été installé dans chaque pièce pour remettre les oeuvres dans leur contexte, vous expliquer leur création et leur histoire. Vous pouvez aussi profiter d’un audioguide gratuit qui vous donne plus de détails sur certaines oeuvres identifiées par un casque audio.

Le Carnaval de Cassel, chaque lundi de Pâques, voient les géants du village, Reuze Maman et Reuze Papa, faire le tour des places et ruelles pavées. Mais ce ne sont pas les originaux du 19e siècle, créé par Alexis Bafcop, qui défilent : ils sont trop fragiles. Ces derniers logent au musée !

Le musée de Flandre organise chaque année une exposition temporaire sur des thèmes variés, mais toujours en rapport avec la Flandre. En 2019, “Fêtes et Kermesses au temps des Brueghel” ; en 2015, “La Flandre et la mer” ; en 2012, “Marguerite Yourcenar et la peinture flamande”, etc.

Des descriptions ont été pensées pour plus petits, il existe des escape games à destination des adolescents et des ateliers famille sont aussi organisés toute l’année.

INFORMATIONS PRATIQUES

Adresse :
26 Grand’ Place 59670 Cassel

Horaires : Du mardi au vendredi de 10h à 12h30 et de 14h à 18h. Samedi et dimanche de 10h à 18h. Le musée est fermé le lundi, le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre.

Tarif : 6€ / 4€ / gratuit (chaque premier dimanche du mois, moins de 26 ans, personnes en situation de handicap, demandeur d’emploi, bénéficiaire du RSA, etc.)

Le « Kasteel Meulen », le moulin de Cassel

L’ancien moulin à vent, le Kasteel Meulen (« moulin du château »), emblématique du village, se dresse au sommet du mont Cassel.

Jusqu’au début du 20e siècle, le mont Cassel était parsemé d’une vingtaine de moulins en bois, qui broyaient les céréales, le lin et le colza).

Le premier “moulin du château” datait du 16e siècle, mais il a disparu dans un incendie en 1911. On y produisait de la farine, on y tannait des peaux, on y fabriquait de l’huile… Reconstruit, le moulin a de nouveau brûlé en 1937. Celui que l’on peut admirer aujourd’hui provient de la commune voisine d’Arneke : le syndicat d’initiative l’a acheté (en ruines) en 1949, fait démonter et remonter en haut du mont. Il a été patiemment restauré.

le moulin de Cassel

Depuis 1983, il est planté au milieu du petit jardin public de Cassel, perché au sommet du Mont, à 176m de hauteur.

Des visites sont organisées par la commune de manière ponctuelle, principalement l’été : contactez le bureau d’information touristique.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse :
esplanade du château, Mont Cassel à Cassel.
Horaires : uniquement sur visite guidée
Tarif : 2 €/pers. Gratuit pour les enfants accompagnés.

La collégiale Notre-Dame de Cassel

Cette “hallekerque” typiquement flamande (elle possède trois nefs d’égales dimensions) a été créée au 10e siècle, mais a été de nombreuses fois détruite et reconstruite jusqu’au 17e siècle. De l’extérieur, on distingue d’ailleurs les briques et les pierres de différentes couleurs, certaines brûlées, selon les époques.
Aujourd’hui, l’édifice est toujours protégé par “Notre Dame de la Crypte”, dont la statue est exposée dans la niche d’un retable.

collégiale Notre Dame de Cassel

Dès l’entrée, on tombe sur le médaillon du Maréchal Foch, installé dans la collégiale depuis 1933. Foch a établit son Quartier Général à Cassel en octobre 1914 pour diriger la bataille de l’Yser et la bataille d’Ypres, jusqu’en mai 1915. Durant cette période, il s’est rendu quotidiennement à la collégiale pour y prier et nombreux ont été les Casselois qui ont pensé que sa foi a protégé la ville des bombardements…

Un panneau offert par les habitants de Cassel rappelle d’ailleurs les décès tragiques, le même jour, du fils et du gendre du maréchal Foch, dès le début du conflit, en août 1914.

Le chœur est recouvert de fresques peintes au 19e siècle par Alexis Bafcop, le célèbre peintre local créateur des géants Reuze Papa et Reuze Maman, aidé de son frère Ambroise. Les fresques des colonnes représentent les apôtres.

Le retable sud, du 19e siècle, est en bois peint et non en marbre, entourré de colonnes cannelées. Le tableau représente Saint Roch, qui aurait protégé Cassel de la peste à plusieurs reprises lors de grandes épidémies. Le bel autel, du 19e siècle, est lui en véritable marbre, de style rocaille.

Chaque station du chemin de croix est un tableau à part entière, peints en 1877.

Ce retable du 19e siècle, en bois peint pour imiter le marbre, est dédié à Sainte Philomène, la patronne des archers, des marins pêcheurs et des amoureux éconduits. Elle est représentée assise sous l’autel.

La statue restaurée (et un peu flippante…) de Notre Dame des sept douleurs date du 18e siècle. Elle possède un socle à la mémoire d’un ancien notaire et de sa famille.

Le superbe maître autel, de style Régence, date du début du 18e siècle. Il est en mabre gris veiné de blanc avec des fleurs en relief.

L’orgue du 17e siècle a été transformés en 1821. On y voit une inscription en latin signifiant « Les orgues chantent par les dons des citoyens ». Sur la partie supérieure siègent deux statues imposantes : le Roi David avec sa harpe et Sainte Cécile, patronne des musiciens.

Les balades de l’Office du Tourisme

L’Office du Tourisme de Cassel (rattaché aux offices du Coeur de Flandre) propose différentes visites du village : insolite, château des comtes de Flandre, ronde du veilleur de nuit, etc.

Vous découvrirez ainsi que la passerelle qui surplombe le chemin des remparts a été créée pour que le propriétaire le maison en amon puisse descendre dans son jardin des dizaines de mètres plus bas. Elle a été restaurée il y a peu par l’un des rares artisans spécialistes du rocaillage-rustiquage. Car elle n’est pas en bois mais bien en béton, comme la “rampe alpine” qui mène à l’esplanade du château.

Depuis l’esplanade, lorsque l’on admire le panorama, on distingue de longues routes parfaitement droites : ce sont les anciennes voies romaines. Sept voies se dirigeaient auparavant en un seul point : le mont. Aujourd’hui, six des sept tracés sont conservés et sont même devenues des routes modernes.

Et sur les façades de plusieurs maisons, d’étranges bas-reliefs vous indiquent le commerce ou la fonction qu’avait le bâtiment dans des temps plus anciens…

Le cimetière de Cassel

Un peu avant l’entrée du cimetière, sur la gauche, se dresse un mémorial surmonté d’une petite chapelle, qui rend hommage aux gendarmes et aux douaniers qui ont arrêté l’avancée Allemande en 1914.

Un cimetière militaire de la Seconde Guerre Mondiale s’étend au centre du cimetière civil. Il contient principalement des tombes britanniques, mais aussi quelques Français et Tchèques.
Fin mai 1940, le flanc ouest du corps expéditionnaire britannique s’est retrouvé sur la ligne Dunkerque-Cassel-Hazebrouck, et Cassel a été défendue par les 48e et 44e divisions britanniques. Et lors des combats pour la libération de la région en 1944, des soldats ont à nouveau perdu la vie. 92 victimes de la guerre 1939-1945 sont commémorées sur ce site. Parmi ceux-ci, près de 20 n’ont pas pu être identifiés.

Le caporal Alan Jolly, qui appartenait à un régiment de blindés et était originaire du Sussex, est décédé à l’âge de 20 ans en 1944. Cassel avait été libéré en septembre 1944, mais il est tombé lors du siège de Dunkerque. Edward O’Neil, un jeune soldat de l’infantrie originaire de Bristol, est mort en mai 1940 à l’âge de 18 ans.

Raymond Bremeersch faisait partie du 160e régiment d’infanterie de forteresse. Originaire de Cassel, il est décédé à l’âge de 32 ans en Moselle, en juin 1944.
Marcel Dezaele, né à Cassel, est mort à Solesmes, dans le Cambrésis, à l’âge de 22 ans, en mai 1940.

Fred Hayhurst était artilleur et originaire du Lancashire. Il est mort le 15 avril 1945 à l’âge de 36 ans. Son collègue Francis Lockyer est décédé le même jour à l’âge de 40 ans. Tous deux sont tombés durant le siège de Dunkerque, lors d’une attaque d’artillerie qui a fait 17 morts et 62 blessés dans le 5e bataillon de la Royal Artillery.

Des soldats de la 1ère brigade blindée tchèque ont installé à Cassel un dépôt de reconditionnement pour leurs véhicules blindés. La mission de la brigade était de verrouiller la “Festung Dunkerque” (toujours occupé par les Allemands), et donc de contenir plutôt que libérer la ville. C’est le général de cette brigade qui a reçu la rédition allemande à Dunkerque le 9 mai 1945.
Leopold Katz est décédé à l’âge de 27 ans en octobre 1944, à l’hôpital, des suites de ses blessures causées par une mine, lors de combats dans le village de Ghyvelde (près de Braye Dunes). Le sergent Oldrich Podzemny est décédé à l’âge de 32 ans le 15 avril 1945, avec ses “collègues” Britanniques de la Royal Artillery. Ils sont tous les deux considérés “Morts pour la France”.

Antoine Cauwet, né à Noisy-le-Sec, faisait partie du 90e bataillon de chasseurs à pied. Il a été fait prisonnier et il est décédé à l’âge de 32 ans à Berlin (à priori au Stalag III-D), en Allemagne, le 8 mai 1944.
Le garde Républicain Raymond Spetebroodt, né à Cassel, est décédé accidentellement le 30 septembre 1945 à Thionville, en Moselle.

Vous trouverez également dans le cimetière de Cassel des tombes et plaques commémoratives de soldats décédés durant la Première Guerre mondiale.

Ainsi, Albert Vandelanotte a disparu dans l’Aisnes en juillet 1918, à l’âge de 20 ans, et il semble que son corps n’a jamais été retrouvé.

Camille Joseph Lucien Devriendt avait été fait prisonnier à Verdun en 1916. Emmené en Allemagne, il est décédé en décembre 1918, à l’âge de 34 ans, des suites d’une pneumonie contractée en captivité au camp de Cassel (Kassel) à Niedezwehren.

Vous croiserez également la colonne commémorative de Dominique René Vandamme, un général de la Révolution puis de l’Empire. Son nom est inscrit sur le côté Nord de l’arc de triomphe, à Paris.

La tombe de Milton Beckwith Kirk, originaire de Chicago, consul des Etats-Unis à Paris, puis en Bretagne durant la Première Guerre mondiale, se dresse à Cassel. Il est décédé à Paris à 49 ans. En 1917, il avait épousé Lucienne Samyn, une native de Cassel, à Saint-Nazaire.

Le docteur Desmyttere a fait ériger un obelisque de marbre et de pierre en 1865 pour commémorer la bataille de Peene. La victoire française lors de cette bataille a entraîné le rattachement d’une partie de la Flandre à la France, par le Traité de Nimègue en 1678. Le docteur était “historien de Cassel”.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse :
590 avenue Albert Mahieu 59670 Cassel
Horaires : du 1er novembre au 31 mars de 8h30 à 17h30 et du 1er avril au 31 octobre de 8h à 19h.

Le jardin du Mont des Recollets

Terminons en apothéose avec cette symphonie de formes et de couleurs créée de la main de l’homme. Le jardin du Mont des Recollets est un lieu magique, l’incontournable de Cassel.

Ce “jardin à la flamande” s’étend sur 1,5 ha le long de la route de Steenvoorde (D948) qui longe le mont des Récollets (Wouwenberg en flamand). On parle parfois aussi de la ferme du mont des Récollets, (Wouwenberghof), l’ancien corps de ferme du 17e siècle, planté au milieu du jadin.

Classé remarquable, jardin de l’année 2011, finaliste du “Jardin préféré des Français” en 2013, il est exceptionnel pour ses milliers de bulbes au printemps, ces centaines de bais et d’Ifs taillés de toutes formes.

Lorsque les propriétaires ont acheté la ferme en 1990, elle était en ruines, la grange était effondrée et seul un noyer était planté. Ils ont patiemment déblayé les gravas et fait place nette pour planter des essences locales, puis des ifs, érables et aubépines et enfin des arbustes.

Ils ont aussi monté des murets de pierres et de briques, des trottoirs et des terrasses tout en redressant l’ancienne grange. La partie derrière la ferme n’a été aménagée qu’à partir de 2003.

Le résultat de ce travail de titan ? Un endroit enchanteur, qui allie élégance et quiétude, où l’on peut passer une journée à flâner entre les fleurs, les haies et les arbustes.

On admire les nuances de couleurs et les formes taillées, on s’amuse à jeter un oeil dans les fenêtres percée dans les haies de buis pour observer la campagne alentours, on déambule entre les haies et autour de la mare, on s’amuse à trouver les panneaux indiquant le chemin à suivre…

Le jardin du Mont des Recollets est un jardin de style flamand, dans le sens où les propriétaires se sont inspirés des peintures du maître flamand Brueghel pour créer la vingtaines de “chambres de verdure” du jardin, chacune avec un thème et une ambiance différente.

La chambre sur cour, la chambre des berlingots, le jardin des broderies, la chambre de printemps, la chambre du Nord, la chambre des roses, la chambre bleue…

Le bâtiment de la ferme possède un pignon à gradins (ou « à pas de moineaux ») typiquement flamand. Vous pouvez entrer dans l’aile droite pour farfouiller dans une brocante.

Un estaminet est installé dans l’aile gauche, des tables et chaises vous accueillent dès l’entrée. Vous pouvez vous procurer des jus de fruits faits maison, des gâteaux et des bières régionales.

Le meilleur moment pour visiter le jardin du Mont des Recollets est le printemps, mais il a été créé de manière a présenter une végétation différente selon les saisons. Vous pouvez donc y revenir. Et y revenir 😉

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse :
1936 route de Steenvoorde, 59670 Cassel
Horaires : du 1er avril au 30 septembre, du jeudi au dimanche et de 10h à 19h. Fermé la première semaine de juillet.
Tarifs : 7€ adulte / 4€ de 10 à 15 ans / gratuit moins de 10 ans

J’espère que cet article vous aura donné des idées sur les choses à faire, quoi voir et quoi visiter à Cassel pour une journée ou un week-end.

Si vous aimez la Flandre, promenez-vous aussi à Bailleul, grimpez le beffroi d’Armentières, visitez le formidable musée de la vie rurale de Steenwerck, passez la journée à Boeschepe, randonnez autour de l’abbaye du Mont des Cats, parcourez le sentier de Jacinthes à Saint-Jans-Capelle ou flâner dans le jardin des fées de Saint-Sylvestre-Capelle.

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une journée à cassel
passons une journée en Flandre, à Cassel

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