Week-ends

Un week-end à Arras

À Arras, on se promène le nez en l’air ! Pour admirer le beffroi ou les superbes maisons entourant les places, pour s’assurer que le plafond ne touche pas votre tête dans les boves ou la carrière Wellington, pour contempler les œuvres du musée des Beaux-Arts ou de la Cathédrale… En me promenant dans la capitale du Pas-de-Calais, j’ai également découvert qu’Arras a un très joli héritage Art Déco (mon dada) en plus d’un patrimoine de mémoire marqué par la Grande Guerre.

Arras n’est pas une ville très étendue et vous pouvez en parcourir tout le centre à pied. Si vous venez en voiture, je vous recommande de vous garer sur l’un des vastes parkings relais gratuits (Crinchon, Aquarena, Citadelle, Marseille) puis d’utiliser “Ma Citadine“, la navette électrique gratuite qui traverse la ville de long en large.

L’Office de Tourisme

Avant tout, passez à l’Office de tourisme pour obtenir de la documentation, réserver une visite guidée ou acheter un joli souvenir dans la boutique. Situé au rez-de-chaussée de l’Hôtel de Ville, l’Office de Tourisme propose de nombreuses visites guidées : les boves, la montée au beffroi, l’Hôtel de Ville, mais aussi des visites spécifiques durant l’été (le cœur de ville, la Citadelle…). Il est ouvert tous les jours de l’année, sauf Noël et jour de l’An.

Horaires : du lundi au vendredi : de 14h à 18h. Samedi et dimanche : de 10h à 12h et de 14h à 18h.

Plus d’infos sur les visites sur le site “Arras Pays d’Artois Tourisme”

L’hôtel de ville d’Arras

Situé sur la Place des Héros, le magnifique hôtel de ville d’Arras est sans doute le monument le plus célèbre de la ville.

La construction de l’hôtel de ville a débuté en 1501, en lieu et place de l’ancien échevinage. Agrandi en 1517 et 1572, restauré en 1867, il est resté debout jusqu’à la Première Guerre mondiale, durant laquelle il a été presque entièrement détruit par l’artillerie Allemande.

Carte postale issue de Wikipedia ; éditions Lévy fils & Cie à Paris

Il a été reconstruit (en béton armé) presque à l’identique entre 1924 et 1932, sur décision de Pierre Paquet, architecte des monuments historiques chargé de la Reconstruction à Arras.

Le bâtiment est inspiré de l’hôtel de ville de Saint-Quentin, dont on retrouve le style lorsqu’on regarde sa façade : des arcades en arc-brisé, un premier étage composé de fenêtres en arc-brisé en dessous d’œils-de-bœuf, un toit pointu composé de lucarnes et recouvert d’ardoises.

En réalité, l’hôtel de ville d’Arras se divise en deux parties : la première halle construite à partir de 1501 (la “façade”) est d’un style gothique flamboyant et les pavillons ajoutés par la suite en retrait (“l’arrière”) sont de style Renaissance.

La décoration intérieure de l’hôtel de ville d’Arras dévoile quant-à-elle trois époques différentes : néogothique (les voûtes en croisées d’ogives dans l’entrée), néo-Renaissance flamande (la splendide tapisserie marouflée de la salle des fêtes) et Art déco (les grilles en fer forgé, l’escalier, les bureaux aux étages, les luminaires, les vitraux aux formes géométriques…). L’ensemble est pourtant homogène et d’une grande élégance.

La salle du Conseil impressionne par son style sobre et l’élégance du chêne de Hongrie, du sol au plafond, sur le parquet, les meubles et le plafond à caissons. (Pour l’anecdote, les Allemands durent payer des dommages de guerre à partir de 1919 et ce chêne représente un paiement en nature). On peut également admirer de superbes luminaires Art déco.

Mais c’est surtout la grande peinture chatoyante qui attire l’œil.
Réalisée par le peintre arrageois Charles Hollart en 1932, elle est intitulée « Arras renait dans le travail et la paix ». Elle représente des figures de l’art et de la culture d’Arras et des objets caractéristiques de la ville : le trouvère Adam de la Halle et le poète Jehan Bordel, la tapisserie (jusqu’à la fin du 15e siècle, les tapisseries d’Arras étaient renommée au point que, dans toute l’Europe, on n’utilisait plus le mot “tapisserie”, mais “arrazi”), la porcelaine bleue d’Arras, la dentelle…
Le pan figurant au centre est le Plan d’alignement et de recréation de la ville d’Arras, réalisé après la Grande Guerre.

(Si vous voulez voir un exemple de tapisserie “arrageoise”, aller admirer “une Histoire de saint Piat et saint Éleuthère” au trésor de la cathédrale de Tournai. À Arras, l’incendie du palais Saint-Vaast en 1915 a détruit la quasi-totalité des collections sorties des ateliers de la ville.).

Dans la salle des Mariages, la grande toile marouflée de Gustave Louis Jaulmes – réalisée en 1925 – est une allégorie du Printemps, évoqué par des paysages rappelant la région, des femmes, des enfants, des oiseaux, des fleurs… Peu d’hommes sont présents, sans doute parce qu’ils étaient peu nombreux à la sortie de la Grande Guerre.

S’il y a bien un endroit à ne pas rater lorsque l’on visite l’Hôtel de ville d’Arras, c’est la Salle des fêtes ! Vous pouvez y admirer, sur les quatre murs, limmense et foisonnante fresque de Charles Hoffbauer représentant la vie journalière des habitants d’Arras au début du 16siècle.

Inspiré par les peintures de Brueghel l’Ancien et des illustrations anciennes, Hoffbauer a créé entre 1931 et 1932 un ensemble de 800 personnages : kermesse et ses danseurs, musiciens et convives, place du marché où des villageois vendent leur production, vie domestique des femmes, fileuses avec leur quenouille, tisserand travaillant à sa tapisserie, procession religieuse, cortège des échevins, métiers des artisans… Si vous regardez bien, vous découvrirez une foule de détails amusants ou pittoresques.

Admirez également les panneaux sculptés de centaines de figurines, reprenant à l’identique les panneaux qui existaient avant la guerre… à l’exception de certains personnages plus modernes 😉

Classé aux monuments historiques, l’hôtel de ville d’Arras est un bâtiment incroyable qui symbolise la renaissance d’Arras après la Première Guerre mondiale. Les plus grands artisans d’art des années 1920-1930 ont travaillé à sa “recréation” et le résultat est tout simplement magnifique.

Il est possible de réserver une visite guidée auprès de l’Office du Tourisme sous réserve de disponibilités des salles.

Avant de partir, jetez un œil aux sous-sols de l’hôtel de ville. Entre l’entrée des Boves et l’accès au beffroi, une petite exposition raconte l’histoire de la reconstruction du bâtiment après la Grande Guerre, et notamment comment certaines sculptures ont été recrées grâce aux moulages en plâtre des originaux.

“Les deux soldats” figuraient sur la façade de l’hôtel de ville. L’architecte Pierre Paquet les a recréé après en avoir fait un moulage par empreinte.

Le chien aux raisins serait un symbole de vigilance, peut-être un gardien de la porte vers l’au-delà… Ce chien se situe à présent au-dessus de l’une des deux portes de la salle des fêtes.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : Place des Héros 62000 Arras
Horaires : voir avec l’office du tourisme, mais principalement au printemps et durant l’été.
Tarif : l’entrée dans l’hôtel de ville se fait uniquement en visite guidée. Tarif plein 4,40 €. Tarif réduit : 3,20 €.

Le Beffroi de l’hôtel de ville

L’hôtel de ville d’Arras est adossé à un beffroi classé aux monuments historiques, élu monument préféré des Français en 2015 et inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Excusez du peu !

Lorsque sa construction a commencé, en 1463, la ville d’Arras venait d’acheter sa liberté et son indépendance à Philippe le Bon, Duc de Bourgogne, et cette grande tour devait en être le symbole. Son édification, en style gothique flamboyant, s’acheva en 1554. Lorsque Louis XIV rattache la ville d’Arras à la France, les édiles décidèrent de surmonter le beffroi d’un lion doré à la gueule ouverte, pour rendre hommage au Roi. En 1914, sa taille lui offrait une vue imprenable sur la ligne de front et les Allemands choisirent logiquement de le bombarder. Tout comme l’hôtel de ville, il fut reconstruit de manière très similaire, mais en béton armé et en métal, de 1927 à 1931.

Son carillon joue des ritournelles différentes chaque quart d’heure, dont une chanson arrageoise : “Iras-tu vir e’l fête d’Arras ?” 😉
Après les destructions de la Première Guerre Mondiale, un nouveau carillon (électrifié et automatisé) fut installé en 1930. Il compte 37 cloches fixes auxquelles s’ajoutent 3 cloches de volée, disposées sur un beffroi en bois à deux niveaux, portant chacune un élément de la devise républicaine : “Liberté. Égalité. Fraternité.”

Vous pouvez monter jusqu’à la “première couronne” du beffroi grâce à un ascenseur (suivi d’une quarantaine de marches). À 55 mètres de hauteur, vous profiterez d’une vue panoramique sur la ville et ses environs.

La hauteur permet également de voir autrement les maisons de la place des Héros, notamment celles du coin, qui sont réellement de biais !

Les ateliers Monduit ont recréé le fameux Lion doré qui surmonte le beffroi et l’on peut admirer l’original au musée des Beaux-Arts d’Arras ainsi qu’une copie au château de Pierrefonds (qui conserve une collection provenant des ateliers Monduit).

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : Place des Héros 62000 Arras (l’entrée se fait par les sous-sols de l’hôtel de ville)
Horaires : Basse saison : le lundi de 10h à 12h et de 14h à 18h, du mardi au samedi de 9h à 12h et de 14h à 18h, le dimanche de 10h à 12h30 et de 14h30 à 18h30. Haute saison : du lundi au samedi de 9h à 18h30.
Dernière montée 30 minutes avant la fermeture.
Tarifs : 3,40 €, réduit (enfants et étudiants) 2,30 €. Visite guidée possible.

Les boves d’Arras

Comment soupçonner que, sous les pavés de la place des Héros, vous marchez au-dessus d’un labyrinthe ? Une véritable ville souterraine s’étend à 12 mètres de profondeur sur une vingtaine de kilomètres.

Les “boves” sont d’anciennes carrières de craie qui ont été creusées au 9e siècle pour construire les édifices religieux et le premier rempart de la ville. À partir du 12e siècle, elles sont devenues des caves et des silos pour les marchands. Pensez donc ! Une température de 11°c toute l’année, 80% d’hygrométrie, des conditions parfaites pour les céréales, les légumes, le vin, la bière…

Elles ont également été utilisées par des milliers de soldats du Commonwealth (avant l’assaut de la célèbre Bataille d’Arras en 1917), qui ont relié entres elles ces caves et galeries disparates. Des photos et des cartes témoignent de leur travail titanesque et de leur vie sous terre avant les combats.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les Boves ont servi d’abri à la population civile lors des bombardements anglo-américains de 1944.

La visite des Boves est possible depuis 1982, elle offre un voyage surprenant au cœur des galeries de l’époque médiévale, puis des tunnels creusés par les soldats. On y découvre des puits d’extraction, des caves où l’on aperçoit encore les traces de tonneaux, des escaliers créés spécifiquement pour les marchands, ou encore des vestiges d’électrification datant de la Seconde Guerre mondiale.

On monte, on descend, on remonte… Heureusement que le guide est là pour éviter que l’on se perde dans l’obscurité !
Ne repartez pas avant d’avoir jeté un oeil à la petite exposition d’objets de deux guerres retrouvés dans les boves.

Prévoyez un vêtement chaud et des chaussures fermées (les Boves sont humides) et ne vous y rendez pas si vous êtes claustrophobe ou avez des difficultés à vous déplacer.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : la visite des Boves se fait par les sous-sols de l’Hôtel de ville
Horaires : Hors vacances scolaires : Départs réguliers du mardi au vendredi de 14h à 18h et le week-end de 10h à 12h et de 14h à 18h. Pendant les vacances scolaires : Départs réguliers du mardi au dimanche de 10h à 12h et de 14h à 18h.
Fermé le 1er janvier, du 6 au 26 janvier et le 25 décembre.
Tarif : 5,60€ – 3,40€

Les places d’Arras

Après cette visite des sous-sols, revenons en surface ! Nous allons nous promener sur les deux magnifiques places d’Arras, prendre le temps d’y flâner, de s’asseoir pour y manger ou y boire un verre, acheter une douceur sucrée… ou simplement admirer les innombrables et superbes façades des maisons.

On confond souvent les deux places d’Arras, située l’une à côté de l’autre. Celle qui accueille l’hôtel de ville (et les tables des restaurants) est la place des Héros. La plus vaste, où se garent les voitures, est la Grand’ Place. Les deux places sont reliées par la rue de la Taillerie.
155 façades rythmées par 345 colonnes. Impressionnant !

La place des Héros se nommait auparavant “Petite Place”, elle a été renommée en 1945, en hommage aux résistants de la commune fusillés durant la Seconde Guerre mondiale (nous en reparlerons plus bas, en visitant la Citadelle d’Arras).
Mais c’est durant le premier conflit mondial que les deux places ont été fortement dégradées par les bombardements. Les maisons qui étaient détruites ont été reconstruites à l’identique et 52 des façades sont classées aux monuments historiques depuis 1919 et 1921.

Sur les deux places, l’influence flamande est flagrante dans les pignons à volutes et les arcades au devant des habitations. On a l’impression de voyager dans le temps, à l’époque où la Grand’Place était encore un immense marché aux grains, qui a rythmé la vie de la ville du 11e siècle jusqu’au début du 20e siècle. Au 18e siècle, il était même le plus grand de France !

Galeries, arcades, baies, pilastres et burguets (accès vers les boves), chaque détail attire l’œil. Mais si vous levez les yeux, vous remarquerez des épis de blé sculptés sur de nombreuses façades, qui rappellent avec fierté cet ancien marché.

Vous entendrez peut-être parler des “rats d’Arras” (qui ne sont pas uniquement de délicieux chocolats) : à l’époque du marché aux céréales, ces dernières attiraient immanquablement les rongeurs ! Au point qu’au 19e siècle, on célébrait une fête des rats. Ils sont même sculptés sur l’hôtel de ville. Cherchez-les !

Unies dans la diversité, chaque maison des Places offre un visage à la fois semblable et différent.

Ces deux superbes places existent encore grâce à un édit de Philippe II d’Espagne (Arras appartenait jusqu’en 1659 aux Pays-Bas espagnols) qui, en 1583, imposa la construction en pierre et en brique, assurant la solidité des habitations contrairement à celles construites en bois (dont il ne reste que de rares exemples dans la région).

Laissez-vous tenter par le circuit “Coeur de ville” (seul.e ou en visite guidée) : vous découvrirez les petits secrets de certaines maisons des deux places, comme l’hôtel des 3 Luppars (un immeuble gothique du 15e siècle).

Grâce au Timescope, une jumelle panoramique étonnante, vous êtes invités à découvrir la place à 360° et le beffroi en 1518, alors qu’il est en pleine construction. Une immersion saisissante de réalisme dans la vie arrageoise du Moyen-Age, et l’animation de la Place des Héros. Le Timescope est situé à l’angle de la rue de la Housse.

Si vous voulez en savoir plus sur Arras durant la Première guerre mondiale et la Reconstruction d’Arras dans les années 1920 et 1930, un site passionnant y est consacré.

Le Musée des Beaux-Arts

Le Musée des Beaux-Arts d’Arras occupe l’ancienne Abbaye Saint-Vaast, un des grands ensembles monastiques français, fondé en 667 et qui connu son heure de gloire au 18e siècle. L’abbaye possédait trois cours, un cloître majestueux et un réfectoire des moines. Les bâtiments furent confisqués durant la Révolution, puis l’immense église abbatiale devint en 1804 la nouvelle cathédrale Notre Dame et Saint Vaast d’Arras.
En 1825, les vastes bâtiments de l’abbaye accueillirent le musée des Beaux-Arts d’Arras, mais l’ensemble fut ravagé par un incendie durant la Première Guerre Mondiale. L’édifice fut reconstruit à l’identique, avec des structures en béton invisibles à nos yeux modernes…

Le portail monumental de l’abbaye donnant sur la cour d’honneur fut édifié entre 1863 et 1865. Les sculptures (symbolisant les sciences et les Arts, mais aussi la religion) furent réalisées par les célèbres frères Duthoit (qui ont travaillé sur la cathédrale Notre-Dame d’Amiens, la collégiale Saint-Vulfran d’Abbeville, la chapelle du Saint-Esprit de Rue, l’abbatiale de Saint-Riquier…)

Les collections du musée des Beaux-Arts d’Arras, constitué en 1795 à partir des saisies révolutionnaires puis enrichies avec les années, sont particulièrement riches ! Reparties sur 6000m² et trois niveaux, elles offrent un parcours exceptionnel : sculptures médiévales, peintures des Pays-Bas et tableaux français du 17e siècle, peinture religieuse française du 17e siècle, mobilier, porcelaines, céramiques du 18e siècle (porcelaines d’Arras et de Tournai), peinture du 19e siècle, plan-relief de la ville daté de 1716… ainsi qu’un exemplaire unique des tapisseries (“Arrazi”) qui firent la réputation d’Arras au 15e siècle.

Le parcours débute dans les couloirs de l’ancien cloître où sont exposés des gisants, des sculptures, des tapisseries, des tableaux, des miniatures…

J’avoue avoir été particulièrement impressionnée par la richesse et la beauté de la collection médiévale du musée.

Le “transi de Guillaume Lefranchois”, médecin et chanoine de Béthune, date de 1446. En pierre noire, il représente un cadavre en état de putréfaction… Les détails, très bien rendus, sont peu ragoutant.

Le vitrail “Le Christ servi par les anges” provient de l’atelier Hemmel de Strasbourg et a été créé vers 1470.

Les souriant anges d’Humbert et anges de Saudemont, qui datent de 1260-1270, sont de très beaux exemples de la sculpture médiévale du nord de la France.

On trouve dans la collection de peinture du musée, entre autres, des œuvres de Jehan Bellegambe, Pieter Brueghel, Paul Rubens, Jacob van Es, Charles Le Brun, Louis Joseph Watteau, Camille Corot, Théodore Rousseau ou Eugène Delacroix.

Voici par exemple “L’Adoration de l’Enfant Jésus” (vers 1528) et “Le Christ aux Bourreaux” (entre 1530 et 1540) de Jehan Bellegambe, un peintre flamand surnommé le Maître des couleurs. Et on comprend pourquoi !
(Plusieurs de ses œuvres sont exposées au Palais des Beaux-Arts de Lille, au Musée de la chartreuse de Douai, mais aussi au Met de New York ou à l’Ermitage de Saint Petersbourg)

Le très beau “plan relief” de la ville d’Arras a été créé en 1716 par l’ingénieur-architecte Ladevèze. Louis XIV (représenté en arrière-plan sur son cheval) et Vauban avaient eu l’idée de réaliser ses villes miniatures pour que les militaires les étudient afin de mieux défendre les villes conquises par le roi.

“La Grand’Place d’Arras un jour de marché” de Charles Desavary (1878).

On aperçoit depuis l’extérieur le jardin du cloître au milieu duquel, aux beaux jours, on peut s’asseoir un moment.

Le grand escalier débouche sur l’immense “salle des Mays” et ses peintures religieuses du 17e siècle (dont sept proviennent de la cathédrale Notre Dame de Paris). Pourquoi les “Mays” ? Un panneau indique que : “Les « Mays » ont été commandés presque chaque année, de 1630 à 1707, par la Corporation des orfèvres parisiens pour les offrir chaque printemps, le 1er mai, à leur cathédrale en l’honneur de la Vierge Marie, dans le cadre d’une fête religieuse grandiose.”

“L’école d’Arras” est représentée par de grands tableaux réalistes. On voit ici “La Bénédiction des blés” de Jules Breton (1827-1906).

Nous terminons la visite par la grande salle de tableaux et de sculpture des 17e et 18e siècles.

Depuis 2012, le musée des Beaux-Arts est partenaire du château de Versailles. Cette collaboration a permis la présentation de “Roulez Carrosses !” (2012 –2013), du “Château de Versailles en 100 chefs-d’œuvre” (2014 – 2016), de “Napoléon. Images de la légende” (2017-2018), du “Traité de Versailles, le centenaire de la signature” (2019)…

Le musée des Beaux-Arts propose également des activités diverses ouvertes à tous les publics : visites guidées, ateliers de pratique artistique, conférences, lectures, concerts, spectacles…

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : 22, rue Paul Doumer 62 000 Arras 
Horaires : du mardi au dimanche de 10h à 18h. Fermeture le lundi et les 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et 25 décembre.
Tarif : gratuit

Le jardin de la Légion-d’honneur 

Ce grand parc est bordé à la fois par la cathédrale et par le musée des Beaux-Arts. C’est le lieu idéal pour un moment de détente, assis sur un banc, entre massifs de fleurs et arbres remarquables (tilleuls, hêtres, chênes…).

parc de la légion d'honneur arras

Mais c’est également un endroit de mémoire : juste à côté de son portail d’entrée (rue Paul Doumer) se dressent trois monuments commémoratifs.

– Le premier est consacré aux combattants britanniques de 3e et 7e régiments de chars tués durant la bataille d’Arras en 1940, et à leurs prédécesseurs de 1917.

– Le second commémore les travailleurs chinois volontaires venus en France durant la Grande Guerre. À partir de 1917, au sein du “Chinese Labour Corps” de l’armée Britannique, des milliers ont été démineurs, blanchisseurs, ouvriers, manœuvres, terrasseurs de tranchés… et 2500 d’entre eux sont décédés (en majorité de la grippe espagnole).

– Enfin, le troisième rappelle les nombreux soldats gallois (Welsh Guards) qui ont combattus à Arras, et ont sauvé 300 blessés de l’hôpital durant la Seconde guerre mondiale.

La cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Vaast d’Arras

Notre-Dame fut édifiée entre 1766 et 1792 en tant qu’église abbatiale de l’abbaye Saint-Vaast et devint cathédrale en 1804. Les travaux (interrompus par la Révolution) reprirent en 1815, jusqu’en 1848.
Son style classique est assez austère, comparé aux églises gothiques que l’on a plus souvent l’habitude de croiser dans la région.

La cathédrale fut en partie détruite en 1915. Les travaux de restauration, commencés en 1920 durèrent quatorze ans. Comme nombre d’autres bâtiments arrageois, les voûtes et la charpente furent reconstruit en béton armé, sans changer l’aspect intérieur de la cathédrale. La décoration fut refaite dans un style néoclassique plus sobre que l’original, avec des murs blancs.

Les combles -en béton- de la cathédrale. Photo issue de Wikipedia – Coyau

Pour information, on entre dans la cathédrale “par l’arrière”, rue Albert 1er de Belgique 😉

L’intérieur de l’église impressionne par ses dimensions : elle mesure 102 mètres de long, possède une vaste nef (26 mètres de largeur) et des colonnes corinthiennes, qui supportent un grand entablement faisant tout le tour de l’édifice.

À droite et à gauche : deux reliquaires qui proviennent de l’ancienne abbaye Saint-Vaast.

Le grand orgue a été créé dans les ateliers de la maison Roethinger de Strasbourg en 1937.

Les fonts baptismaux en marbre ont été réalisés par Marcel Gaumont, célèbre représentant de l’Art Déco dans les années 1920 et 1930 (il a également conçu les quatre sculptures qui ornent les angles du beffroi de Cambrai). La cuve représente le baptême de Jésus par Jean-Baptiste.

Les stations du chemin de croix sont également de style Art Déco.

De nombreuses cathédrales de la région accueillent des “plaques commémoratives” placées entre 1923 et 1936 en mémoire du million de morts de l’Empire Britannique durant la guerre 1914-1918. Arras n’échappe pas à la règle, car des troupes y ont été cantonnées.

L’autel du calvaire, dans le bras nord du transept, a été réalisé par Henri Bouchard (dont l’atelier et les œuvres ont été installés au Musée de la Piscine de Roubaix).

La chaire a également été décorée par Marcel Gaumont. Ses sculptures représentent le Christ qui enseigne au milieu de ses disciples, sur les côtés, les quatre évangélistes, ainsi que l’Alpha (le commencement) sous les trais d’un ange et l’Omega (la fin) sous les trais d’un ange armé d’une épée (symbole de la parole de Dieu).

La nef accueille huit statues de saints en marbre réalisées dans la deuxième moitié du 19e siècle. Elles étaient destinées à l’église Sainte-Geneviève de Paris, mais lorsqu’en 1885, l’édifice devint le Panthéon, l’État les transféra à Arras. 

On peut également admirer plusieurs peintures dans la cathédrale d’Arras, et notamment :

Une toile consacrée à saint Vaast par Henri Marret dans le transept.

Le transept est également décoré de toiles réalisées par Charles Hollart.

Dans la chapelle de la Vierge, la fresque de la coupole représente les épisodes de la vie de la Vierge, réalisée par Henri Marret en 1933.

Photo issue de Wikipedia – Pierre Poschadel

L’Art Déco à Arras

Comme tant d’autres villes situées sur le front durant la Première Guerre Mondiale, Arras a été ravagée par les bombardements. Elle a donc été reconstruite après la guerre et de nombreux bâtiments ont été créé dans le style Art Déco, en vogue à l’époque.

La Citadelle d’Arras

Pour la plupart des gens, lorsqu’on dit “Citadelle d’Arras”, ils pensent au Main Square festival 😉
Mais la citadelle a une histoire multicentenaire, des espaces verts qui invitent à la promenade et des perspectives adorées des photographes.

La porte royale de la citadelle d’Arras

Construite par Vauban de 1668 à 1672, pour défendre la place d’Arras, la citadelle est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Jamais attaquée, cette citadelle a été surnommée « la belle inutile ».
Mais la citadelle a malgré tout été marquée par la guerre. D’août 1941 à juillet 1944, 218 personnes (en majorité des résistants) ont été fusillées dans les fossés de la citadelle d’Arras.
Démilitarisée en 2010, la citadelle conserve de ses 3 siècles d’histoire militaire un patrimoine exceptionnel qui s’étend sur 72 hectares. Le site accueille à présent le siège de la Communauté Urbaine d’Arras, un data center, un fromager, une miellerie, un hôtel d’entreprises, des logements, un pôle loisirs…

Le cimetière militaire britannique “du Faubourg d’Amiens”

Juste à côté de la citadelle s’étend un grand cimetière militaire et un mémorial de la Première Guerre Mondiale.
Le mémorial commémore les 35 000 militaires du Commonwealth tombés dans le secteur d’Arras entre le printemps 1916 et août 1918.
Comme tous les cimetières militaires du Commonwealth, c’est un endroit paisible et fleuri, très bien entretenu.

Les 2650 officiers et soldats enterrés là sont en grande majorité Britanniques, mais provenaient aussi du Canada, de la Nouvelle-Zélande, d’Afrique du Sud et d’Inde. Un Français et 28 Allemands sont également inhumés dans ce cimetière.

Le jardin du souvenir

L’association Art & jardins Hauts-de-France a sollicité des paysagistes du monde entier pour qu’ils créent des jardins sur de hauts lieux de bataille, afin de commémorer différemment le centenaire de guerre 1914-1918.
À Arras, juste à côté du mémorial, ce sont deux paysagistes écossaises, Anna Rhodes et Melissa Orr, qui ont rendu hommage aux 2 500 joueurs de cornemuse écossais de la Grande Guerre.

Les végétaux choisis rappellent les magnifiques paysages écossais. Le long du chemin reproduisant le plan d’une tranchée, des tubes rappellent les “bourdons” des cornemuses.

La citadelle

La citadelle d’Arras préserve un témoignage vivace de la construction militaire du 17e siècle.
Se dressant au sud-ouest de la ville, près de deux cours d’eau, elle forme un pentagone composé de cinq remparts : les courtines.

L’immense “Place d’Armes” est entourée de bâtiments qui racontent chacun une histoire. 1500 soldats pouvaient y résider !

La chapelle Saint-Louis rappelle, avec ses pignons à volutes, l’architecture d’inspiration flamande des maisons des Places d’Arras. Érigé en 1674 en briques et en pierres, c’est le plus ancien édifice religieux de la ville.
Lors de sa construction, sa façade principale était nettement plus simple. Les éléments de décor ne sont apparus qu’en 1860, lors d’une importante restauration : notamment, un médaillon à l’effigie de Louis XIV et un médaillon à l’effigie de Napoléon III (qui a restauré la chapelle).

L’intérieur de la chapelle est tapissé de plaques où figurent les noms de soldats dont les bataillons ont été stationnés à Arras (principalement le Régiment du 3e Génie), et qui sont morts durant des conflits, de 1914 à nos jours.

Vous trouverez un autre “Timescope” sur le côté de la chapelle Saint-Louis. Grâce à lui, vous serez plongé.e en 1678, soit 10 ans après le début de la construction de la citadelle.

Vous pouvez découvrir à pied les ouvrages fortifiés en faisant le tour de la citadelle, en particulier les bastions “du Roi”, “d’Anjou” et “d’Orléans”. Le tour des douves et du bois de la citadelle permettent de mieux comprendre le système défensif imaginé par Vauban, en voyant certains éléments de “l’extérieur”.

Vous pouvez descendre du bastion de la Reine jusqu’au bois de la citadelle grâce au site d’accrobranche Cit’Loisirs.

Prenez un petit bain de nature en faisant le tour des douves et du bois de la citadelle (environ 3 km), au travers du bois du Polygone, des abords de la réserve naturelle (inaccessible) et en longeant les bords du Crinchon, un affluent de la Scarpe.

Le mur des fusillés

Sur la façade de l’hôtel de ville se dresse un monument qui commémore les résistants locaux fusillés à Arras durant la Seconde guerre mondiale. On retrouve les mêmes noms sur le “mur des fusillés” de la citadelle.

Les 218 personnes fusillées entre 1941 et 1944 dans les fossés de la citadelle d’Arras étaient pour la plupart de nationalité française, mais également belge, hongroise, italienne, polonaise, portugaise, soviétique, tchécoslovaque ou yougoslave. Le plus jeune des fusillés avait seulement 16 ans et le plus âgé 69 ans.
Sur le Mur des fusillés, ont été accrochées des plaques portant chacune le nom d’une des 218 victimes.

En plus de leur nom figure sur chaque plaque le groupe auquel appartenait le résistant, son appartenance politique et son métier. Si nombre de fusillés appartenaient au Parti communiste (PCF), on réalise qu’ils provenaient de toutes les couches sociales (sur cette photo : instituteur, cordonnier, mineur, soudeur, ouvrier d’usine).

Le Mur des Fusillés, situé au sud de la citadelle, est accessible librement de 14h à 19h.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : accès par le boulevard du Général de Gaulle (parking de la citadelle gratuit, en face du cimetière britannique du faubourg d’Amiens). Passage principal par la Porte Royale.
Tarif : gratuit, accès libre.

La Carrière Wellington

Si je vous dis Le Seigneur des Anneaux, vous allez me répondre : “Quel est le rapport avec Arras ?” Hé bien, Peter Jackson, le réalisateur néo-zélandais de la trilogie de films, a également réalisé un émouvant documentaire sur la Première guerre mondiale, et notamment la carrière Wellington. Lui-même est né dans une ville qui se nomme… Wellington.
Entre octobre 1916 et le 9 avril 1917, des milliers soldats britanniques et néo-zélandais se sont caché dans ces souterrains. Parmi eux, des mineurs ont agrandi, creusé et prolongé les anciennes boves jusqu’aux lignes Allemandes. Juste avant l’assaut, le système de tunnel était devenu assez grand pour abriter 24 000 hommes !
Le 9 avril 1917, des milliers d’hommes ont surgi de dessous terre et ont surpris les premières lignes allemandes. Ce système a permis d’épargner la vie de nombreux soldats alliés en les faisant passer par le sous-sol.

En arrivant sur le site de la carrière Wellington, vous êtes accueillis à l’entrée du site par une œuvre (“La terre se souvient“) créée en 2017 par l’artiste Néo-Zélandaise Marian Fountain. On reconnait la silhouette d’un soldat avec son haut chapeau caractéristique (que les soldats surnommaient “presse citron”).

N’hésitez pas à passer la tête à l’intérieur : on y reconnait des visages de soldats et d’officiers, et on peut y lire des extraits de courriers envoyés aux familles.

Le mur gauche du hall d’entrée est recouvert de photographies de tunneliers néo-zélandais. Des voix lisent en français, anglais et maori d’émouvantes lettres écrites par ces soldats.

Juste avant l’accueil, vous pouvez admirer la grande maquette représentant les combattants sous terre, dans la carrière Wellington.

Avant de descendre, vous pouvez visiter une petite une exposition qui retrace la Bataille d’Arras en la replaçant dans le contexte de la Grande Guerre. Vous en apprendrez plus sur la présence de l’Armée britannique et sa relation avec les civils, le voyage des tunneliers néo-zélandais jusqu’à Arras, etc.

Juste avant de prendre l’ascenseur, le guide vous invitera à visionner une courte vidéo à 180° figurant la ville d’Arras détruite par les bombardements entre 1914 et 1918.

Puis, vous prenez un ascenseur qui vous mène à 20 mètres sous terre, et, avec un guide, vous plongez dans l’ambiance de la Carrière Wellington telle que les tunneliers néo-zélandais l’ont découverte puis creusée il y a plus d’un siècle.​

Les indications de direction peintes durant la Première puis la Seconde guerre mondiale sont toujours visibles.

Des systèmes électriques (qui datent eux-aussi du premier ou du second conflit mondial) permettaient d’amener un peu de lumière sous terre.

Dans une galerie exiguë, on a laissé en place des rails et une berline pour figurer le travail éreintant des tunneliers qui ont creusé la carrière.

Des objets ayant été utilisés par les soldats sont également exposés dans la carrière Wellington : des bouteilles, des pots de moutarde, des boites de conserve ou de thé, des couverts…

En levant la tête de temps à autre, vous remarquez une longue galerie creusée vers le haut : un tunnel d’aérage, qui était le seul moyen de faire entrer de l’air frais et d’évacuer l’air vicié.

Les soldats sont restés de longs mois dans les sous-terrains et il fallait “tuer le temps”. Certains ont donc gravé ou dessiné leur nom, des messages ou des formes féminines dans le calcaire.

Des projections de vidéos sur des écrans tendus entre les parois et les commentaires du guide évoquent les épreuves et le courage des soldats, la vie quotidienne sous terre, l’effet de surprise sur les Allemands le jour de l’attaque.​..

En remontant à la surface, on vous invite à visionner un film qui vous fait revivre le choc de la Bataille d’Arras. 

C’est une visite unique et passionnante que je vous recommande chaudement !

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : Rue Arthur Delétoille 6200 Arras (parking gratuit à 200m)
Horaires : du mardi au dimanche de 10h à 12h30 et de 14h à 18h (dernier départ à 17h). Fermée le 25 décembre, et du 1er janvier au 21 janvier inclus.
Tarifs : 9€ / Réduit : 4,50€, gratuit pour les moins de 5 ans.

Le cimetière d’Arras

D’une superficie de 10 hectares, le cimetière d’Arras a vu le jour en 1794, mais n’a réellement été organisé qu’à partir de 1805. Ce grand cimetière de 13000 concessions fut restauré après la grande guerre car des tranchées y avaient été creusées en 1914 !

Un carré militaire est gardé par la statue d’un poilu de la Grande Guerre. 310 militaires et des civils y sont regroupés, mais il accueille surtout des tombes de soldats tombés pendant la Grande Guerre et quelques tombes d’aviateurs britanniques. Toutes reposent sous des croix épées de l’association du Souvenir Français.

Romain Pere est né dans les Pyrénées-Atlantiques. Il est décédé à l’âge de 22 ans à Ronville, dans le Pas-de-Calais en octobre 1915.
Léon Potier est né dans la Manche. Il est décédé à 33 ans à Saint-Laurent-Blangy en décembre 1914.

Un monument aux morts avec une statue d’un soldat de la guerre de 1870 s’élève depuis 1910 près du carré militaire entretenu par le Souvenir français. 

On trouve également la tombe d’Arthur Clarke Richards, un ressortissant britannique résidant à Arras depuis 1920, qui dirigea un réseau de résistance permettant à des aviateurs britanniques de rejoindre l’Angleterre. Arthur Richards “a tenu en mains le destin de centaines de Français et d’alliés, leur procurant gîte et couvert chez des gens sûrs.”

Le cimetière accueille des tombes anglo-saxonnes de la Seconde guerre mondiale (et principalement de mai 1940).

Des tombes de civils alignées contre un mur rappellent combien les combats de mai 1940 furent terribles. Une plaque rappelle que 95 victimes civiles furent tuées par des bombardements durant cette période.

Au fond du cimetière, c’est la section communiste d’Arras qui a commémoré ses membres morts durant la Seconde Guerre mondiale. La plupart étaient des résistants qui ont été fusillés.

Le plus “célèbre” d’entre eux fut René Camphin, dit “Colonel Beaudoin”. Secrétaire de la fédération communiste du Pas-de-Calais, il combattit dans l’infanterie en mai 1940 et fut fait prisonnier. Il parvint à s’échapper en septembre 1941 et retourna en France où il recruta et encadra les résistants FTP. Ses deux frères, Maurice et Paul, résistants eux-aussi, furent arrêté et fusillé en 1942. René ne fut pas arrêté. Organisateur de la mise en ordre de bataille des FTP pour la libération de Paris, il participa lui-même aux combats. Après la guerre, il devint leader du parti communiste français. Souffrant d’un cancer, il est décédé en 1954.

De nombreuses tombes sont décorées de statues, de symboles funéraires, de roses Art déco, de mosaïques, de vitraux…

Un grand nombre de tombes anciennes ont disparu, mais il est reste encore quelques unes, témoins de l’histoire socio-économique de la ville avec ses dynasties d’industriels et d’artisans… et ses politiques.

Émile Lenglet (1811-1878), député républicain avec des membres de la famille de Lannoy

L’une des tombes les plus célèbres du cimetière d’Arras est celle de Madame Grandguillaume, dont la statue tenant une chaise a été créée par Émile Thomas (qui a sculpté pour de nombreuses églises et pour Napoléon III). Mme Grandguillaume était l’épouse du photographe Léandre Granguillaume (1807-1865), connus pour ses portraits de célébrités de l’époque. Elle est représentée debout, comme prenant la pose dans l’atelier du photographe, pour l’éternité…

La tombe du lieutenant Albert Beaucourt, décédé au tout début de la Grande Guerre, porte un rare message (presque) pacifiste : “4 ans de guerre implacable, 3000000 de mutilés 1500000 morts. Souvenez-vous !!!”

Terminons par les très jolies céramiques bleutées de la chapelle Crespel Pinta, dont les vitraux, dans les mêmes tons, sont tout aussi remarquables.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse :
au croisement des rues Georges Clémenceau et Gustave Colin
Horaires : du 1er avril au 1er novembre : 8h – 19h, du 2 novembre au 31 mars : 8h – 17h.
Tarif : accès libre

Il y a encore tant de choses à voir à Arras ! Je pense que cet article va s’enrichir dans les mois à venir… 😉

Le top 5 à ne pas manquer

  1. L’hôtel de ville et son beffroi
  2. La carrière Wellington
  3. La place des héros et la Grand’Place
  4. La citadelle
  5. Le musée des Beaux-Arts

J’espère que cet article vous aura donné des idées sur les choses à faire, quoi voir et quoi visiter à Arras pour une journée ou un week-end.


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2 commentaires

  1. Pilet Eric a dit :

    ce document est remarquable, bravo

    1. Emily a dit :

      Merci beaucoup !

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